Diaspora, informatique et influence russe: cinq choses à savoir sur l'Arménie
Une vue d'ensemble montre le monument « Mère Arménie » et des immeubles d'habitation à Erevan ©Alexander Nemenov / AFP

L'Arménie accueille lundi deux sommets avec des dirigeants européens à l'heure où cette ancienne république soviétique tente de se rapprocher de l'Europe tout en s'éloignant prudemment de la Russie, son allié historique.

Voici cinq choses à savoir sur ce pays enclavé du Caucase du Sud.

Entre Moscou et l'Occident 

La situation géographique contraignante de l'Arménie lui impose un exercice d'équilibriste diplomatique délicat.

Enclavée, elle dépend de la Géorgie et de l'Iran pour accéder aux marchés mondiaux car ses frontières avec ses principaux ennemis, la Turquie et l'Azerbaïdjan, sont fermées.

Longtemps liée à la Russie pour des raisons de sécurité, l'Arménie abrite une base militaire russe et reste membre d'alliances économiques et sécuritaires avec Moscou.

Mais leurs relations se sont refroidies, Erevan s'interrogeant sur la fiabilité de son allié traditionnel, qui n'est pas venu à son secours lors de la guerre avec l'Azerbaïdjan en 2023.

L'Arménie, qui a suspendu sa participation à l'Organisation de sécurité collective chapeautée par la Russie, a évité une rupture totale avec Moscou, en raison de sa dépendance économique et de l'instabilité régionale.

Parallèlement, le Premier ministre Nikol Pachinian tente de se rapprocher économiquement et politiquement de l'Union européenne et des États-Unis.

Célèbre diaspora 

La star de la téléréalité Kim Kardashian, l'ex-chanteur Charles Aznavour, l'actrice hollywoodienne Cher ou encore le footballeur champion du monde en 1998 Youri Djorkaeff... Tous ont en commun des origines arméniennes.

Forte de huit à dix millions de personnes selon les estimations - contre trois millions d'habitants en Arménie - la diaspora arménienne, très représentée dans la culture et le sport, s'est constituée essentiellement à la suite des massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman entre 1915 et 1916.

Ses membres, qui vivent principalement en Russie (1,5 million), aux Etats-Unis (1,3 million) et en France (400.000), jouent un rôle clé dans l'économie et la politique de leur pays d'origine, notamment via les transferts de fonds.

Premier État chrétien 

En 301, l'Arménie devient la première nation au monde à adopter le christianisme comme religion d'État. Un siècle plus tard, l'alphabet arménien aux lettres si caractéristiques est créé pour permettre la traduction de la Bible.

Le livre de la Genèse place l'arche de Noé après le Déluge sur le mont Ararat, principal symbole national arménien même s'il se situe en Turquie.

Les reliques de cette histoire millénaire sont visibles dans une institution hors du commun: le musée Matenadaran, qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens portant sur quasiment toutes les sphères de la culture et des sciences arméniennes des siècles passés.

On y retrouve plus de 17.000 ouvrages et 30.000 autres documents relevant de la théologie, la philosophie, l'histoire, la médecine, la littérature ou la cosmographie.

L'Eglise apostolique arménienne demeure une institution puissante, étroitement liée à la langue et au patrimoine d'un pays qui a subi des siècles de domination étrangère par les empires perse, ottoman et russe.

Fontaines en pierre 

Les petites fontaines en pierre, appelées «poulpoulaks», sont répandues à travers le pays, de la capitale Erevan aux villages montagneux isolés.

Elles sont généralement construites comme des dons publics, parfois en l'honneur d'êtres chers ou de personnages historiques.

Sculptées dans le tuf, pierre volcanique, elles se fondent dans le paysage et les habitants les considèrent comme le reflet de la culture d'hospitalité arménienne.

Secteur informatique 

Avec peu de ressources naturelles mais forte d'une solide formation scientifique héritée de l'ère soviétique, l'Arménie investit dans la technologie et l'éducation pour stimuler sa croissance et réduire sa dépendance économique.

Le gouvernement promeut des projets ambitieux, dont un immense centre de traitement de données en construction, pour positionner le pays comme un pôle d'innovation régional.

Le secteur informatique arménien a connu une croissance fulgurante: selon les chiffres officiels, le nombre d'entreprises est passé de 650 en 2017 à plus de 12.000.

Nombre de Russes, dont ceux ayant quitté la Russie après l'invasion de l'Ukraine en 2022, travaillent dans ce secteur.

AFP

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