Les dirigeants européens ont «reçu cinq sur cinq» le message de frustration de Donald Trump sur l'Iran, a assuré lundi le chef de l'Otan, Mark Rutte après l'annonce soudaine du retrait de soldats américains d'Allemagne.
«Les États-Unis ont été quelque peu déçus par la réaction européenne face à la situation actuelle au Moyen-Orient», a déclaré le secrétaire général de l'Alliance, à son arrivée à un sommet en Arménie.
«Je dirais que, d'après ce que me rapportent tous mes contacts parmi les dirigeants européens, ceux-ci ont bien compris le message des États-Unis, ils l'ont reçu cinq sur cinq» et «passent à la vitesse supérieure» sur ce dossier, a-t-il affirmé.
Bousculés par la décision de Donald Trump de retirer 5.000 troupes américaines d'Allemagne, les Européens ont aussi assuré qu'ils allaient accélérer le renforcement de leurs propres capacités de défense.
Le moment choisi par Donald Trump pour annoncer ce retrait était «une surprise», même si cette décision en elle-même était attendue, a souligné la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas.
«Je pense que cela montre que devons vraiment renforcer le pilier européen de l'Otan, et nous devons vraiment en faire plus», a-t-elle ajouté en marge d'un sommet de la Communauté politique européenne, à Erevan.
«Les Européens prennent leur destin en charge, augmentent leurs dépenses de défense et de sécurité et bâtissent leurs solutions communes», a abondé le président français Emmanuel Macron.
Donald Trump accuse plusieurs partenaires européens de refuser toute contribution militaire ou logistique aux opérations menées par Washington dans le détroit d'Ormuz, contre l'Iran.
Il a notamment affirmé la semaine dernière envisager de réduire les forces américaines stationnées en Allemagne après que le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que «les Américains n'avaient visiblement aucune stratégie» en Iran.
«Nous avons besoin de plus d'indépendance en matière de défense et de sécurité. Nous devons muscler nos capacités militaires pour nous défendre et nous protéger nous-mêmes», a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ajoutant que «ce que nous devons faire maintenant, c'est accélérer la production» d'équipements militaires.
AFP



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