Trois hommes ont été pendus en Iran après avoir été reconnus coupables d'avoir contribué aux décès de membres des forces de sécurité lors des manifestations qui ont secoué le pays en décembre et janvier, a annoncé lundi la justice iranienne.
Les arrestations et exécutions, notamment liées à ces manifestations, se multiplient depuis le début du conflit régional déclenché par une attaque américano-israélienne le 28 février.
«Mehdi Rassouli et Mohammad Reza Miri, agents du Mossad impliqués dans les émeutes de janvier à Machhad (nord-est), auteurs de violences généralisées et responsables de la mort d'un membre des forces de sécurité, ont été pendus», a annoncé le site du pouvoir judiciaire, Mizan Online.
Ils sont accusés d'avoir «utilisé des cocktails Molotov et des armes blanches, d'avoir incité et encouragé des personnes à tuer, et d'avoir participé directement au meurtre d'un agent de sécurité».
«Ebrahim Dolatabadi, un des principaux instigateurs des émeutes (...) à Machhad qui ont coûté la vie à plusieurs membres des forces de sécurité, a également été pendu», selon Mizan.
Les peines ont été appliquées «après confirmation du verdict par la Cour suprême».
Les autorités n'ont pas précisé l'endroit et la date des exécutions. Mais selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA, basée aux Etats-Unis), M. Rasouli, 25 ans, et M. Miri, 21 ans, ont été pendus à l'aube dimanche dans la prison de Vakilabad à Machhad.
- Appels à la communauté internationale -
L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a qualifié les trois hommes de «prisonniers politiques» condamnés «à l'issue de procès inéquitables devant les tribunaux révolutionnaires».
Elle a dénombré depuis la reprise des exécutions en mars, en marge de la guerre, 24 hommes exécutés, qu'elle qualifie de «prisonniers politiques».
Treize hommes ont été exécutés après les manifestations de janvier, un autre à la suite des manifestations de 2022-2023, neuf pour leurs liens présumés avec le groupe d'opposition interdit des Moudjahidine du peuple et un pour appartenance à une organisation militante sunnite.
Durant cette même période, quatre autres personnes ont en outre été exécutées pour espionnage présumé au profit d'Israël.
Le pouvoir iranien a reconnu plus de 3.000 morts dans les manifestations de janvier, mais impute les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les Etats-Unis et Israël.
«La communauté internationale, en particulier l'Union européenne, doit réagir avec fermeté face à cette vague d'exécutions», a plaidé Mahmood Amriy-Mooghaddam, directeur de l'IHR.
«Il existe un risque sérieux que les exécutions quotidiennes se poursuivent dans les semaines et les mois à venir», a-t-il prévenu.
Dans un communiqué publié le 1er mai, Amnesty International a exhorté la communauté internationale à ne pas «rester les bras croisés alors que les autorités iraniennes continuent d'intensifier les exécutions arbitraires de dissidents politiques et de manifestants afin de semer la peur».
L'organisation affirme avoir documenté les cas de 13 hommes exécutés, après avoir été soumis à la torture et fait des «aveux» sous la contrainte.
Selon des ONG, l'Iran est le deuxième pays au monde en nombre d'exécutions, derrière la Chine.
AFP



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