L'annonce par les autorités syriennes de nouvelles règles encadrant les manifestations de rue a déclenché des inquiétudes dans le pays sur de possibles restrictions des libertés, balayées lundi par un responsable auprès de l'AFP.
Il s'agit de la première mesure de ce type prise depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste sunnite, à l'issue de 14 années d'une guerre civile déclenchée par la répression de manifestations antigouvernementales en 2011.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé dimanche que le «droit de manifester et de se rassembler pacifiquement» était garanti par la Constitution transitoire de la Syrie, mais devait être exercé conformément à des «conditions et des mécanismes juridiques» afin d’assurer la sécurité et l’ordre public.
Un comité devra désormais statuer sur les déclarations de manifestations dans un délai de cinq jours à compter de leur dépôt, les requérants disposant d’un droit de recours.
«La décision est purement réglementaire et vise à protéger les manifestants» contre la violence, «elle ne restreint pas les libertés mais les encadre», a assuré lundi un responsable du ministère de l’Intérieur à l’AFP, sous couvert d’anonymat.
Mais les défenseurs des droits humains dénoncent un retour au système d’autorisations en vigueur sous le pouvoir d'Assad, qui prévoyait également un droit théorique de recours.
Selon le décret administratif annoncé par le ministère, les autorités pourront aussi imposer la fin d’une manifestation autorisée dans certaines conditions, notamment si elle «dépasse les limites du permis accordé ou si des émeutes surviennent».
Le défenseur syrien des droits humains Michel Chammas a dénoncé sur Facebook un décret «illégal et contraire à la constitution», affirmant que seuls les organes législatifs pouvaient imposer des restrictions aux droits constitutionnels comme la liberté de réunion.
La décision rétablit «les même conditions» que celles imposées par Bachar al-Assad pour réprimer les manifestations de 2011, a-t-il déploré.
Des manifestations ont éclaté dans différentes régions de Syrie depuis la chute du clan Assad pour diverses raisons, notamment les conditions de vie ainsi que des questions politiques et de droits.
Des contre-manifestations ont parfois eu lieu, les tensions dégénérant à l’occasion en violences.
Le mois dernier, le président syrien Ahmed al-Chareh avait tenu à assurer son homologue émirati de la volonté de Damas de maintenir de bonnes relations avec les Émirats arabes unis, après une manifestation violente devant l'ambassade émiratie à Damas.
AFP



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