Les fonds souverains des Émirats arabes unis continuent d’investir à l’étranger, a affirmé mercredi à l’AFP le ministre de l’Investissement du pays, écartant tout changement de cap lié à la guerre au Moyen-Orient.
Des observateurs estiment que les riches États du Golfe pourraient être amenés à revoir leurs stratégies d’investissement après les attaques de représailles iraniennes et le blocage du détroit d’Ormuz, qui affecte leurs exportations d’hydrocarbures.
Les fonds souverains émiratis gèrent plus de 2.000 milliards de dollars d’actifs et «continuent de déployer ce capital activement au niveau national et à l’étranger», a assuré Mohamed Alsuwaidi.
Ils «opèrent toujours selon le même mandat à long terme, avec une approche de déploiement régulier et discipliné», a-t-il ajouté.
La guerre au Moyen-Orient suscite des spéculations sur les priorités d’investissements du Golfe, une importante source de capitaux dans le monde pour différents secteurs, dont celui de l’intelligence artificielle.
Le Fonds d’investissement public saoudien a annoncé la semaine dernière qu’il cesserait de financer le circuit de golf LIV, concurrent du circuit historique PGA, après avoir revu à la baisse certains projets phares de la stratégie de diversification économique du royaume.
Les Émirats arabes unis cherchent quant à eux à rassurer les investisseurs et à relancer leur économie depuis la conclusion d’un fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril.
Le pays s’est retiré de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en mai, dans l’objectif d’augmenter sa production pétrolière pour financer d’autres filières.
L’investissement national «n’est plus une option (…) c’est une priorité», avait dit plus tôt dans la semaine le ministre de l’Industrie et des Technologies avancées Sultan Al-Jaber, lors d’une conférence à Abou Dhabi visant à soutenir l’industrie émiratie.
Alliés clés des États-Unis et l’un des rares pays arabes à reconnaître Israël, les Émirats ont été la cible de plus de 2.800 missiles et drones iraniens pendant la guerre.
Si la grande majorité des attaques a été interceptée, la guerre a écorné l’image du Golfe en tant qu’îlot de stabilité dans une région troublée.
Les autorités émiraties ont fait état cette semaine de nouvelles frappes iraniennes, Téhéran démentant toute reprise des attaques.
AFP
Commentaires