Prudents après l'euphorie de la veille, les marchés mondiaux attendent la réponse de l'Iran à la dernière proposition des États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.
Le pétrole semble avoir parié sur la réouverture du détroit par où transite 20% de l'offre mondiale d'hydrocarbures.
Peu avant 14H00 GMT, le Brent de la mer du Nord s'échangeait à 97.40 dollars (-3.82% par rapport à la veille). Son équivalent américain WTI valait 91,27 dollars le baril (-4,01%).
Donald Trump a jugé mercredi «très possible» un accord de paix avec l'Iran, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé que Washington cherchait à forcer la «reddition» de Téhéran par une «nouvelle stratégie» visant à «détruire la cohésion du pays».
«Les marchés pétroliers restent donc partagés entre le soulagement de voir émerger une voie diplomatique et la prudence face à un choc d'approvisionnement qui n'est pas encore terminé», estime Matt Britzman, analyste senior du marché des actions chez Hargreaves Lansdown.
Attentisme sur les marchés
L'heure était à la prudence et à l'attentisme sur les marchés boursiers après les prises de risques et les achats de titres de la veille.
À New York, les indices naviguaient en zone de calme plat; que cela soit le S&P 500 (-0,02%) ou le Dow Jones (0,09%). Même le Nasdaq, tiré par les valeurs technologiques, tournait autour de son point d'équilibre (+0,10%).
«Les investisseurs semblent de plus en plus confiants du fait que les tensions géopolitiques continueront de s'apaiser sans conséquences économiques significatives», estime Fawad Razaqzada analyste macro-économique pour Forex.com.
Ils s'intéressent toujours aux perspectives de l'intelligence artificielle, très gourmande en capitaux.
«Amazon, Alphabet, Microsoft, Meta et Oracle doivent investir collectivement près de 700 milliards de dollars cette année pour soutenir le développement de l'IA (data centers, cloud et infrastructures énergétiques), soit une augmentation d'environ 80% sur un an», relèvent les analystes du fonds d'investissement Norman K. Ces «dépenses colossales» pourraient «soulever des questions quant à la rentabilité à terme», mais pour le moment elles «continuent de soutenir les bénéfices».
En Europe, l'heure était au repli prudent à Paris (-0,39%) après un bond de près de 3% la veille, tout comme à Francfort (-0,53%) et Milan (-0,51%).
Plombé par ses majors pétrolières, Londres reculait plus franchement (-1,10%).
«Les marchés continuent d'espérer le meilleur concernant le Moyen-Orient, mais les actions européennes évoluent avec un ton plus prudent jeudi», commente Kathleen Brooks, directrice de recherche pour le courtier XTB.
Soulagement sur le marché des taux
La détente se poursuit légèrement sur le marché de la dette des États après le fort soulagement de la veille, les rendements obligataires poursuivant leur baisse avec la réduction du risque inflationniste.
Le rendement du «Bund», le taux d'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, s'affichait à 2,97% contre près de 3% la veille à la clôture. Son équivalent français s'établissait à 3,60% contre 3,62% mercredi soir.
Par ailleurs, «l'anticipation d'un apaisement du conflit a entraîné une baisse du dollar», note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Vers 14H27 GMT, le dollar cédait 0,20% face à la monnaie unique, à 1,1771 dollar pour un euro.
«Des prix de l'énergie plus faibles renforcent l'idée que les pressions inflationnistes pourraient continuer à ralentir, offrant potentiellement davantage de flexibilité» aux grandes banques centrales pour leur politique monétaire, rappelle Fawad Razaqzada, calmant ainsi les anticipations de hausses de taux à venir.
AFP



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