Cuba: Washington sanctionne un conglomérat lié à l'armée et la société canadienne Sherritt
Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une célébration en l'honneur des mères de militaires dans la salle Est de la Maison Blanche, le 6 mai 2026 à Washington, DC. ©ANNA MONEYMAKER/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/GETTY IMAGES VIA AFP

Le conglomérat militaro-économique Gaesa, qui contrôle 40% de l’économie de Cuba, et la société minière canadienne Sherritt sont les premières entreprises sanctionnées en vertu d’un décret récent de Donald Trump, a annoncé jeudi le gouvernement américain.

Anticipant la sanction, l'entreprise canadienne avait annoncé un peu plus tôt se retirer de l'île. «Sherritt a suspendu sa participation directe aux activités de coentreprise à Cuba, avec effet immédiat, a-t-elle déclaré dans un communiqué, précisant avoir pris des mesures pour rapatrier de Cuba ses employés expatriés.

Sherritt exploite du nickel et du cobalt dans la mine de Moa, située dans la province d'Holguin (est). Elle est engagée depuis 1991 dans la coentreprise Moa Nickel S.A. avec l'État cubain.

Le 1ᵉʳ mai, Donald Trump a annoncé un durcissement des sanctions contre Cuba, estimant que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, continuait de représenter «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des États-Unis.

Le décret présidentiel américain «pourrait également avoir pour conséquence que des établissements financiers ou d'autres fournisseurs ne soient pas en mesure ou ne souhaitent plus continuer à soutenir les activités d'exploitation ou autres activités commerciales de Sherritt», a souligné l'entreprise canadienne.

Ces nouvelles sanctions ciblent en effet les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, des personnalités et des entités impliquées dans les secteurs de l'énergie, des mines et d'autres secteurs de l'île.

«Elite corrompue»

Les sanctions annoncées jeudi visent aussi Gaesa, le puissant conglomérat d'entreprises de l'armée cubaine, un acteur majeur de l'industrie touristique sur l'île et d'autres services.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, affirme que le conglomérat, plus puissant groupement économique du pays qui gère des hôtels, des supermarchés, des sociétés de communication et de distribution, «est conçu pour générer des revenus non pas pour le peuple cubain, mais pour les bénéfices d'une élite corrompue».

Le ministre de Donald Trump, d'origine cubaine et fervent opposant du gouvernement communiste, affirme que d'autres sanctions vont être dévoilées «dans les prochains jours et les prochaines semaines».

«À seulement 150 kilomètres du territoire américain, le régime cubain a conduit l'île à la ruine et l'a mise aux enchères comme plateforme pour des opérations étrangères de renseignement, militaires et terroristes», a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

Le décret pris par Donald Trump début mai impose également des sanctions contre toute personne reconnue coupable de «violations graves des droits de l'homme».

Outre ces sanctions récentes et l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier, n'ayant autorisé depuis lors l'arrivée que d'un seul pétrolier russe.

Mi-février, Sherritt avait ainsi déjà annoncé la suspension de ses opérations minières en raison d'un manque de carburant.

Déjà secouée par une profonde crise économique, l'île de 9,6 millions d'habitants a vu son activité quasiment paralysée depuis fin janvier.

AFP

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