Le dollar perdait encore du terrain vendredi, malgré de nouveaux affrontements entre les États-Unis et l'Iran, qui semblent faire s'éloigner la perspective d'un accord de paix.
Vers 18H00 GMT, le billet vert lâchait 0,42% face à la monnaie unique européenne, à 1,1775 dollar pour un euro et reculait de 0,49% face à la devise britannique, à 1,3621 dollar pour une livre sterling.
«Le marché est convaincu que le conflit» au Moyen-Orient «va être résolu», explique auprès de l'AFP Adam Button, analyste chez investingLive.
Les cambistes se débarrassent donc de la monnaie américaine, considérée comme une valeur refuge en temps d'incertitudes géopolitiques.
Pourtant, des affrontements ont éclaté vendredi dans le détroit d'Ormuz entre les États-Unis et l'Iran, au moment où Washington attend une réponse de Téhéran à sa dernière proposition en vue de mettre durablement fin aux hostilités.
L'armée américaine a notamment annoncé vendredi avoir «neutralisé», en leur tirant dessus, deux navires battant pavillon iranien qui tentaient de rejoindre un port iranien dans le golfe d'Oman, «en violation du blocus américain en cours» depuis le 13 avril.
«Le marché des changes semble parier sur le fait qu'un accord est presque certain, tandis que les gros titres laissent entendre que les chances d'y parvenir s'amenuisent», résume M. Button.
En parallèle, le rapport sur le marché du travail en avril aux États-Unis a montré la création de 105 000 emplois le mois dernier, une bonne surprise pour les investisseurs qui en attendaient autour de 60 000.
"Ces chiffres sont manifestement solides, ce qui est de nature à soutenir le dollar", note M. Button.
«Mais la progression des salaires était un peu faible», poursuit l'analyste (+3,6% sur un an, contre +3,8% attendu).
Les cambistes surveillent aussi vendredi les premiers résultats des élections locales en Grande-Bretagne, qui confirment la montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK au détriment du Labour du Premier ministre Keir Starmer.
«Un mauvais résultat pourrait potentiellement déclencher une révolte ouverte parmi les députés travaillistes» contre M. Starmer, note Matthew Ryan, analyste chez Ebury, interrogé par l'AFP.
Or «les marchés n'aiment pas l'incertitude», souligne-t-il, et «la perspective d'un changement de direction (du parti) pourrait être baissière pour la livre».
AFP



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