Le ministère de la Santé et l’Association Beirut Marathon veulent renforcer le dispositif médical autour des courses. Objectif: protéger les coureurs sans freiner l’élan sportif.
Au marathon, tout ne commence pas au coup de pistolet. Avant les foulées, les dossards et les chronos, il y a une mécanique plus discrète: les protocoles médicaux, les équipes de secours, les examens préventifs et les réflexes de sécurité.
C’est autour de cet enjeu que le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, a reçu une délégation de l’Association Beirut Marathon, conduite par sa présidente May El Khalil. Une réunion de travail, mais surtout un signal: au Liban, faire courir ne doit jamais signifier exposer.
Protéger sans freiner
Le ministre a donné le ton. Le ministère, a-t-il souligné, est prêt à accompagner la mise en place d’un protocole médical destiné à protéger les coureurs, mais aussi les sportifs d’autres disciplines. L’objectif n’est pas de compliquer les événements ni de les encadrer à l’excès, mais de leur donner un vrai filet de sécurité.
Dans un pays où le sport avance souvent entre crises, contraintes logistiques et tensions permanentes, la nuance est importante. La santé publique ne veut pas jouer les arbitres tatillons. Elle entend plutôt se placer en partenaire de terrain, capable d’aider les organisateurs à anticiper, prévenir et intervenir.
Le ministère dispose notamment de 300 centres de santé soutenus par ses services. Ces structures pourraient être mobilisées pour permettre aux sportifs d’effectuer des examens médicaux préventifs à des tarifs encourageants. Une manière de placer la prévention dans le sas de départ, avant que les organismes ne soient poussés dans le rouge.
Un marathon ne se court jamais seul
Pour Beirut Marathon, ce chantier dépasse la simple formalité administrative. Depuis sa création en 2003, l’association a fait de la course un outil de rassemblement. À Beyrouth, courir n’est pas seulement une affaire de jambes. C’est aussi une façon de reprendre la rue, de relier les quartiers et de rappeler qu’une ville peut encore respirer ensemble.
May El Khalil a salué l’accueil du ministre et les efforts du ministère dans une période lourde pour le pays. Elle a aussi rappelé l’esprit qui porte l’association depuis ses débuts: mettre l’humain au cœur de l’événement.
Dans cette équation, la sécurité médicale devient un couloir essentiel. Elle ne refroidit pas la fête. Elle permet simplement au peloton d’aller au bout.
Les médecins dans le peloton
Le docteur Jihad Haddad, président de la commission médicale de Beirut Marathon, a présenté le dispositif déjà mis en place avec plusieurs partenaires médicaux. Hôpitaux, centres spécialisés, associations et équipes de terrain font partie de cette architecture de sécurité.
L’association ne part pas de zéro. Elle a déjà obtenu par le passé les labels bronze et argent de World Athletics, preuve d’un travail structuré et conforme à des standards internationaux. Le rôle du docteur Rachid Rahmé, directeur médical des courses de l’association, a également été souligné.
Mais l’idée est désormais d’aller plus loin: mieux coordonner, mieux formaliser et faire de la prévention un réflexe, pas une simple case à cocher.
La prévention comme ligne d’arrivée
Les discussions ont aussi porté sur les campagnes de sensibilisation, notamment sur les réseaux sociaux, dans les écoles, les universités et les clubs. Car protéger un coureur, ce n’est pas seulement placer une ambulance à l’arrivée. C’est aussi l’aider à se préparer, à écouter son corps et à ne pas banaliser les signaux d’alerte.
Le ministre a indiqué qu’il échangerait avec la ministre de la Jeunesse et des Sports, Nora Bayrakdarian, afin d’élargir la coordination. Santé, sport, éducation, institutions olympiques: l’enjeu dépasse le marathon. Il touche à la manière dont le Liban organise ses événements sportifs.
Dans un pays où les lignes de départ sont parfois plus difficiles à installer que les lignes d’arrivée, cette coordination peut devenir un vrai signal. Celui d’un sport qui refuse l’improvisation et mise sur la sécurité, la méthode et l’anticipation.
Le marathon reste une fête. Mais une fête réussie se prépare. Et si Beyrouth veut continuer à courir, il faut que ses coureurs puissent le faire protégés, encadrés et rassurés. La santé entre donc dans la course. Non pour ralentir le peloton, mais pour lui permettre d’aller plus loin.




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