Le journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis près d'un an, recevra «dans les prochains jours» sa première visite consulaire, a annoncé samedi la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, à l'issue d'un entretien avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à Alger.
Cette visite devrait être menée par l'ambassadeur Stéphane Romatet, qui a fait son retour dans le pays à l'occasion de la visite de Mme Rufo en Algérie près d'un an après avoir été rappelé à Paris par Emmanuel Macron lors d'un pic de tensions entre les deux pays.
Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme».
Sa famille a annoncé mardi qu'il avait retiré en mars son pourvoi en cassation, une démarche visant à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.
Cette visite d'Alice Rufo consacre un réchauffement entre Paris et Alger après près de deux ans de profonde crise diplomatique, et visait à «nouer des relations confiantes et prometteuses» et «restaurer un dialogue efficace» avec Alger, selon l'Elysée.
La ministre déléguée est la deuxième membre du gouvernement français a se rendre en Algérie en moins de trois mois, après le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez mi-février.
Lors des deux heures d'entretien avec Abdemadjid Tebboune, «nous avons donc discuté de pistes pour que les mois qui viennent soient des mois utiles aux intérêts de nos deux pays et des mois à la relation entre la France et l'Algérie», a-t-elle déclaré.
Elle a notamment mentionné «la coopération de sécurité et de défense», «qui est très importante dans le contexte (...) évidemment en Afrique mais aussi au-delà».
«Nous avons évoqué la coopération dans le domaine migratoire et la France, je l'ai redit, se félicite de la reprise de cette dernière qui a suivi la visite du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et nous voulons poursuivre dans cette direction. Nous avons évoqué les moyens d'intensifier cette coopération», a-t-elle ajouté.
La ministre a également évoqué «la coopération judiciaire» entre les deux pays. «Je sais combien ce sujet est important pour les autorités algériennes et mais pour nous aussi dans le domaine de la lutte contre le narcotrafic», a-t-elle ajouté.
Sur le plan mémoriel, le président algérien et la ministre française ont convenu de reprendre les travaux de la commission mixte d'historiens. Regroupant cinq historiens français et autant d’historiens algériens, celle-ci avait été créée à l’été 2022 mais ne s’est plus réunie depuis le printemps 2024.
AFP



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