L'armée israélienne a établi une base secrète sur une ancienne piste d'atterrissage dans le désert irakien pendant la guerre contre l'Iran, ont indiqué dimanche à l'AFP deux responsables de la sécurité, après des révélations du Wall Street Journal.
Au début de la guerre le 28 février, des forces israéliennes ont été repérées dans le désert de Najaf (sud) et se sont heurtées à des troupes irakiennes, qui ont perdu un soldat, avaient indiqué début mars des médias d'Etat irakiens.
«Des forces israéliennes ont établi une base sur une piste d'atterrissage désaffectée, construite par Saddam Hussein, dans le désert de Najaf», a indiqué un des responsables de la sécurité.
«Il n'y a plus de forces sur place», a-t-il ajouté, précisant que l'opération israélienne «s'était faite en coordination avec les Etats-Unis».
L'Irak a été happé dans la guerre régionale, avec des frappes attribuées aux Etats-Unis et à Israël visant des groupes armés pro-iraniens, lesquels ont lancé des centaines d'attaques contre des intérêts américains.
Les premières informations sur la présence de troupes étrangères sont apparues au début de la guerre, après un signalement d'un berger.
Samedi, le Wall Street Journal a rapporté qu'Israël avait «mis en place un poste militaire clandestin dans le désert irakien pour soutenir sa campagne aérienne contre l'Iran».
Selon le journal américain, «Israël a construit cette installation, qui abritait des forces spéciales et servait de plaque tournante logistique pour l'armée de l'air, juste avant le début de la guerre, avec l'aval des Etats-Unis».
L'armée israélienne n'a pas commenté.
Un porte-parole de la sécurité irakienne a renvoyé à une annonce faite le 5 mars aux médias d'Etat par Qais al-Mohamadawi, commandant adjoint des opérations conjointes.
Selon ce dernier, l'Irak avait protesté auprès de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis au sujet d'un raid aérien à Najaf. Le haut-gradé expliquait qu'après des informations sur des «mouvements» dans le désert de Najaf, l'armée y avait dépêché une force.
Elle avait essuyé des tirs aériens, qui avaient tué un soldat et en avait blessé deux.
Des renforts antiterroristes ont ensuite fouillé la zone, mais «ils n'ont rien trouvé», ajoutait M. Mohamadawi, précisant qu'aucune force n'était autorisée à se trouver sur les lieux.
«Nous avons des indications que l'opération impliquait une équipe technique israélienne sous protection militaire américaine», a indiqué le second responsable à l'AFP, confirmant la présence sur le site d'hélicoptères CH-57 Chinook.
Selon lui, du matériel a été laissé sur place, notamment un radar. Dissimulé dans une vallée, l'emplacement était «soigneusement choisi pour éviter les tirs» iraniens, a-t-il ajouté.
Selon le WSJ, Israël y «avait déployé des équipes de recherche et sauvetage» pouvant intervenir rapidement «en cas de mission de secours d'urgence».
AFP



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