Les principaux candidats à la succession de Keir Starmer
Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe à l’issue d’un sommet international sur les efforts visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, au palais de l’Élysée à Paris, le 17 avril 2026. ©Tom Nicholson / POOL / AFP

Les jours de Keir Starmer à Downing Street, fragilisé depuis des mois, semblent comptés. Les médias britanniques bruissent de rumeurs sur les personnalités travaillistes susceptibles de lui succéder à la tête du gouvernement. Voici celles qui semblent les mieux placées à ce jour.

Wes Streeting 

Le nom du ministre de la Santé, Wes Streeting, revient souvent comme possible successeur de Starmer. À la différence du Premier ministre, cet homme de 43 ans est considéré comme un communicant efficace.

Il a été l'une des figures de proue de la campagne électorale qui a permis le retour au pouvoir des travaillistes, Keir Starmer à leur tête, en juillet 2024. À la Santé, Wes Streeting a multiplié les mesures destinées à redorer l'image du NHS, le service national de santé, miné par des années de coupes budgétaires, des listes d'attente interminables et des grèves à répétition des médecins.

M. Streeting, classé à la droite du parti, pourrait cependant être handicapé par ses liens avec Peter Mandelson, l'ex-ambassadeur à Washington au cœur du scandale Jeffrey Epstein qui a affaibli Keir Starmer.

L'ancien ministre et ex-ambassadeur à Washington a été son mentor et se tenait à ses côtés lors de la première campagne législative de Streeting en 2015.

Andy Burnham 

Issu de l'aile gauche du Labour, le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, est la plus populaire des personnalités politiques britanniques, et le seul capable de séduire des électeurs au-delà du Labour, selon l'institut YouGov. Il est aussi actuellement le favori des bookmakers pour remplacer Starmer.

Mais celui qui est surnommé «le roi du Nord» a un énorme handicap: il ne peut pas devenir Premier ministre tant qu'il n'aura pas retrouvé un siège de député, selon les règles en vigueur au Royaume-Uni. Mais un député pourrait se désister, dans une circonscription acquise au Labour, pour qu'il puisse décrocher un tel siège. Ce processus prendrait cependant plusieurs mois, d'où l'idée de certains de pousser Starmer à s'engager à partir en septembre.

En janvier, alors que les appels à la démission de Starmer se multipliaient déjà, le Premier ministre et ses partisans avaient bloqué la candidature de Burnham à une législative partielle dans sa région, l'empêchant ainsi de défier Starmer.

À 56 ans, ce vétéran du parti avait déjà tenté de prendre la tête du Labour en 2015, mais avait été devancé par Jeremy Corbyn.

Élu maire du Grand Manchester en 2017, il a depuis été réélu deux fois dans une ville qui rivalise avec Birmingham pour le titre de deuxième métropole britannique après Londres.

Angela Rayner 

Celle qui occupait jusqu'en septembre 2025 le poste de numéro deux du gouvernement et de ministre du Logement est une figure populaire de l'aile gauche du Labour.

Âgée de 46 ans, elle se distingue des autres candidats par ses origines modestes. Elle a quitté l'école à l'adolescence et ne possède aucun diplôme universitaire, dans un pays où la classe dirigeante est généralement passée par Oxford ou Cambridge.

L'ascension de cette femme connue pour sa franchise s'est cependant arrêtée net en septembre dernier, lorsqu'elle a démissionné après avoir admis ne pas avoir payé tous les impôts dus lors de l'achat d'un appartement.

Certains de ses détracteurs estiment cependant qu'elle opérerait à Downing Street un virage si marqué vers la gauche que les travaillistes pourraient devoir organiser des élections générales avant la date prévue en 2029.

Et quelques jokers 

Si ces trois noms reviennent le plus souvent, d'autres pourraient sortir du chapeau à l'issue d'un processus de désignation qui s'annonce chaotique. Manœuvres en coulisses et querelles internes pourraient ainsi abîmer plus encore l'image des travaillistes, comme elles écornèrent celle des conservateurs lorsque leurs Premiers ministres se succédèrent à un rythme accéléré après le référendum du Brexit de 2016.

Parmi ces jokers possibles figurent des personnalités jugées consensuelles comme le ministre de la Défense John Healey ou celui des Forces armées, Al Carns. Reviennent aussi les noms d'Ed Miliband, ministre de l'Environnement qui dirigea le Labour de 2010 à 2015.

Plusieurs femmes sont également citées, comme la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, voire la députée et ex-secrétaire d'État Catherine West, qui a en partie précipité la crise actuelle en menaçant ce week-end de déclencher une élection interne pour remplacer Starmer.

Par Catherine TRIOMPHE / AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire