Israël lie toute avancée diplomatique avec le Liban au démantèlement du Hezbollah
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter. ©Oliver Contreras / AFP

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a affirmé que tout accord politique ou sécuritaire avec le Liban dépendrait du démantèlement du Hezbollah et d’une action jugée «concrète» de l’État libanais sur le terrain, à la veille d’un troisième cycle de négociations directes entre les deux pays sous médiation internationale.

Dans des déclarations au média israélien Walla, jeudi, le diplomate a insisté sur le refus de toute situation permettant au Hezbollah de conserver ou de reconstituer ses capacités militaires. «Nous n’accepterons jamais un cessez-le-feu au Liban qui permette au Hezbollah de se réarmer», a-t-il déclaré.

Tout en se disant ouvert à un cadre diplomatique élargi avec Beyrouth, Yechiel Leiter a conditionné cette perspective à la disparition de la structure militaire du mouvement. «Nous sommes prêts pour un processus politique plus large avec le Liban, à condition que le Hezbollah soit démantelé», a-t-il ajouté.

L’ambassadeur a également appelé les autorités libanaises à démontrer des résultats concrets, notamment concernant le renforcement de l’armée libanaise et la mise en œuvre effective de mesures de sécurité dans le sud du pays. «Nous devons voir, dans la pratique, comment le gouvernement libanais agit et renforce ses institutions militaires», a-t-il souligné.

Selon lui, Israël envisage une coopération progressive avec les autorités libanaises pour traiter certaines zones considérées comme sensibles. «Nous définirons une zone spécifique avec le gouvernement libanais et nous planifierons ensemble sa neutralisation des armes du Hezbollah, avant de passer à d’autres étapes», a-t-il expliqué.

Les discussions à venir s’articuleraient, selon lui, autour de deux axes parallèles: un volet politique pouvant mener à un accord de paix global, et un volet sécuritaire centré sur le désarmement. Il a même évoqué une perspective de normalisation complète des relations. «Nous sommes prêts pour une paix totale, comme si le Hezbollah n’existait pas: frontières, ambassades, visas, tourisme, tout peut être réglé en quelques mois», a-t-il affirmé.

Cependant, il a précisé que cette option serait strictement conditionnée à la réussite du processus de désarmement du Hezbollah. Le diplomate a par ailleurs rejeté les affirmations des autorités libanaises concernant les efforts de désarmement au sud du fleuve Litani, estimant que la situation sur le terrain reste «très éloignée des déclarations officielles».

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