Les négociations en cours à Washington ne portent pas, à ce stade, sur un accord de paix entre le Liban et Israël, mais avant tout sur un arrêt des hostilités et la création des conditions nécessaires à un dialogue durable, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi.
Dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera, le chef de la diplomatie libanaise a estimé qu’«il est impossible de négocier sous les bombardements», soulignant que les priorités de Beyrouth restent la protection des civils, le retrait des forces israéliennes du sud du Liban, le retour des déplacés dans leurs villages ainsi que le règlement de la question des prisonniers.
Youssef Raggi a également réaffirmé que l’État libanais devait détenir «le monopole des armes», qualifiant cette question d’« exigence de souveraineté » plutôt que d’une pression extérieure. Il a indiqué que le gouvernement libanais avait demandé le désarmement du Hezbollah.
Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance du rôle italien, saluant l’engagement diplomatique de Rome en faveur des efforts de cessez-le-feu, ainsi que son soutien humanitaire aux populations déplacées.
Il a également mis en avant la contribution italienne au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qu’il a décrite comme un pilier essentiel des relations bilatérales entre Beyrouth et Rome, tout en saluant l’appui apporté aux forces armées libanaises en matière de formation et de soutien logistique.
Évoquant les relations du Liban avec le Vatican, Youssef Raggi a affirmé que le Saint-Siège occupait une place particulière dans les relations extérieures libanaises, qualifiant le soutien du pape de «politique, moral et humain d’une grande valeur».
Le chef de la diplomatie a enfin exprimé l’espoir que l’Italie puisse jouer un rôle de passerelle entre le Liban et l’Europe, notamment dans les domaines humanitaire et de la reconstruction. Il a également évoqué les perspectives liées aux futures explorations gazières et pétrolières en Méditerranée orientale, estimant qu’elles pourraient bénéficier à la fois au Liban et aux entreprises italiennes.



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