Le nombre de détenus en Russie a diminué de plus de 180.000 en cinq ans, en partie parce que Moscou a envoyé des prisonniers se battre en Ukraine, a indiqué jeudi le chef de l'administration pénitentiaire.
Les autorités militaires ont recruté massivement au sein de la population carcérale depuis le déclenchement de l'offensive à grande échelle en 2022, y compris des personnes condamnées pour des crimes graves qui peuvent, s'ils survivent au front, rentrer libres.
«Si, à la fin de l'année 2021, il y avait 465.000 (détenus), il y en a aujourd'hui 282.000», dont quelque 85.000 en détention provisoire, a déclaré le chef de l'administration pénitentiaire russe Arkadi Gostiev, cité par les agences de presse russes.
Cela représente une chute de près de 40%.
La population détenue dans l'immense système carcéral hérité de la période soviétique a connu une forte diminution ces deux dernières décennies.
Selon M. Gostiev, la baisse de ces cinq dernières années peut être attribuée en partie au système de recrutement de l'armée, ainsi qu'à une augmentation de la pratique des peines de sursis et autres formes de punition sans incarcération.
Selon lui, les détenus sont également de plus en plus mis au travail dans la production militaire, une pratique de labeur carcéral également héritée du goulag soviétique et ainsi mise au service de l'économie de guerre.
«Nous avons déployé 16.000 prisonniers supplémentaires sur l'année à cette fin (militaire), spécifiquement dans la fabrication», a ajouté M. Gostiev, cité par Tass.
«Nous produisons pour les besoins de l'opération militaire spéciale pour un montant d'environ 5,5 milliards de roubles» (64 millions d'euros), a-t-il dit, utilisant le terme officiel pour désigner l'offensive de Moscou en Ukraine.
«Le volume de la production (dans les lieux de détention) en 2025 s'est élevé à 47 milliards de roubles» (550 millions d'euros), a-t-il déclaré, sans préciser les secteurs de production.
La Russie est confrontée à un manque de travailleurs depuis le lancement de son offensive, avec des centaines de milliers de soldats envoyés au front et un nombre similaire ayant quitté le pays pour éviter la mobilisation.
Les médias russes font régulièrement état de crimes et de délits commis par d'anciens soldats ayant combattu en Ukraine.
AFP



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