Ukraine: une attaque russe fait neuf morts et des dizaines de blessés
Des passants passent devant un centre commercial détruit et une station de métro endommagée à la suite des frappes russes à Kiev le 24 mai 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. ©Roman Pilipey / AFP

Une importante attaque russe contre l'Ukraine tôt mardi matin a fait neuf morts, dont quatre dans la capitale Kiev touchée par des missiles balistiques, ont rapporté les autorités ukrainiennes.

«La mort de quatre personnes dans la capitale a été confirmée», a déclaré le maire de Kiev Vitali Klitchko sur Telegram. Il a également fait état de 51 blessés, dont trois enfants, dans des frappes sur plusieurs quartiers de l'agglomération.

«L'ennemi attaque avec des missiles balistiques», avait averti plus tôt le chef de l'administration militaire de la capitale, Tymour Tkatchenko, sur Telegram.

Après que des explosions de missiles ont retenti, des habitants se sont précipités vers les abris chargés de sacs et de couvertures dans les rues de Kiev, où un important panache de fumée s'est élevé, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans l'est du pays, à Dnipro, les autorités ont fait état de cinq morts et 25 blessés. «Le bilan de l'attaque russe contre Dnipro continue de s'alourdir», a souligné le chef de l'administration militaire de la région, Oleksandr Ganja.

Dix personnes ont aussi été blessées à Kharkiv, également dans l'est de l'Ukraine, dont un enfant, a indiqué sur Telegram le maire Igor Terekhov. La ville a été «attaquée par 15 drones et deux missiles», a-t-il précisé.

«Frappes intensifiées» 

Côté russe, un civil a été tué lundi dans la région de Koursk, proche de la frontière, dans une attaque de drone ukrainien, a indiqué le gouverneur local Aleksandr Khinchtein.

Un incendie s'est déclenché dans la raffinerie d'Ilski, dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, à la suite d'une attaque de drones, selon le quartier général opérationnel de la région.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait affirmé vendredi que Moscou préparait «une nouvelle frappe massive» contre l'Ukraine, alors que la Russie a appelé les diplomates étrangers à quitter Kiev.

Moscou, qui bombarde l'Ukraine presque toutes les nuits, a intensifié ses attaques en journée depuis quelques mois, entraînant une riposte de Kiev qui a renforcé ses frappes, notamment de longue portée, contre la Russie.

En mai, le nombre de missiles russes tirés a été l'un des plus importants depuis le début du conflit: 211 dans le mois, dont un missile balistique de portée intermédiaire Orechnik pouvant transporter des têtes nucléaires, utilisé pour la troisième fois depuis le début de l'invasion russe en 2022.

La Russie a également lancé 8.150 drones de longue portée contre l'Ukraine en mai, soit 24% de plus qu'en avril, selon une compilation de données publiées quotidiennement.

Ce nombre record d'attaques de drones de longue portée contre l'Ukraine a été enregistré en dépit d'une trêve de trois jours à partir du 9 mai qui avait brièvement fait espérer une reprise du processus de négociation pour mettre fin à la guerre.

«Stocks de munitions insuffisants» 

Moscou et Kiev s'étaient mutuellement accusés d'avoir violé cette trêve annoncée par le président américain Donald Trump.

La Russie a lancé mi-mai l'une de ses pires attaques contre la capitale ukrainienne, lorsqu'un missile a détruit une grande partie d'un immeuble résidentiel, faisant une vingtaine de morts.

Kiev affirme avoir intercepté 91% des drones et missiles russes en mai.

L'Ukraine a développé un système pionnier de défense antiaérienne contre les drones, mais reste dépendante des approvisionnements de ses alliés occidentaux pour se défendre contre les frappes de missiles.

Les responsables ukrainiens ont averti à plusieurs reprises que les stocks de munitions des systèmes antimissiles étaient insuffisants.

Les négociations pour mettre fin à l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine, qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés en plus de quatre ans de conflit, sont au point mort.

AFP

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