Selon le FT, Trump reste prudent sur les missiles Patriot pour l'Ukraine et mise sur la diplomatie au Moyen-Orient
Donald Trump se montre prudent sur une licence de production des missiles Patriot en Ukraine, tout en affirmant vouloir accélérer la paix. Au Financial Times, il évoque aussi l'Iran, Gaza et un possible rapprochement entre l'Arabie saoudite et Israël. ©SAUL LOEB/AFP

Dans un entretien accordé au Financial Times,  vendredi,le président américain Donald Trump affirme que son administration reste déterminée à mettre fin à la guerre en Ukraine, tout en gérant les tensions au Moyen-Orient. Il estime que l'Iran, malgré l'élargissement récent du conflit par des frappes contre des cibles dans la région, finira par céder sous la pression américaine. «Nous les frappons très durement», déclare-t-il.

Le président américain se montre également optimiste quant à la conclusion de l'accord historique sur le nucléaire civil avec l'Arabie saoudite, dévoilé la semaine dernière. Il affirme avoir évoqué avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou une éventuelle normalisation des relations entre Riyad et Israël, estimant qu'il s'agit d'«une perspective que les deux pays apprécient beaucoup» et qu'elle «pourrait se concrétiser».

Le Financial Times rappelle toutefois que le prince héritier saoudien a déjà conditionné une telle évolution à des avancées irréversibles vers la création d'un État palestinien, une option rejetée par Israël.

Washington hésite sur la production des missiles Patriot en Ukraine

Interrogé par le Financial Times, Donald Trump affirme n'avoir pas encore décidé s'il autoriserait l'Ukraine à produire localement des missiles intercepteurs Patriot, une demande prioritaire de Kyiv. «Nous examinons cette possibilité», déclare-t-il, tout en soulignant que ce système constitue «une arme tout à fait extraordinaire» et que les États-Unis doivent faire preuve de prudence quant aux licences de production.

Ces déclarations interviennent deux jours après une rencontre à la Maison-Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier avait qualifié l'entretien de positif, indiquant que les discussions avaient porté sur la production d'intercepteurs Patriot et sur plusieurs autres projets de coopération.

Le Financial Times souligne que Donald Trump avait pourtant déclaré, lors du sommet de l'Otan organisé en Turquie au début du mois de juillet, que Washington accorderait à Kyiv une licence de production de ces missiles.

Une capacité essentielle pour la défense de Kyiv

Le système Patriot demeure un élément clé de la défense aérienne ukrainienne face aux missiles balistiques russes visant Kyiv et d'autres villes. Selon le Financial Times, le fait que Donald Trump accepte d'envisager une production locale représente déjà un succès diplomatique important pour Volodymyr Zelensky.

À l'issue de leur rencontre, le président ukrainien a affirmé que Donald Trump avait accepté d'accorder les licences nécessaires. Il a également indiqué avoir rencontré récemment les industriels chargés de la production des intercepteurs Patriot et espérer lancer une coproduction, qu'il juge essentielle. Les missiles sont fabriqués par les groupes américains Lockheed Martin et RTX.

La priorité affichée: mettre fin à la guerre

Donald Trump assure au Financial Times que son objectif principal reste la fin du conflit entre la Russie et l'Ukraine. Il annonce que ses deux envoyés, Jared Kushner et Steve Witkoff, doivent effectuer prochainement leur première visite en Ukraine.

«Très simplement, nous voulons mettre fin à la guerre entre l'Ukraine et la Russie», déclare-t-il, ajoutant: «Je ne cherche pas des missiles. Nous cherchons la paix.»

Énergie: un soutien à l'exploitation pétrolière britannique

Enfin, Donald Trump salue la position du nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, qu'il décrit comme «pragmatique» sur l'exploitation pétrolière en mer du Nord. Selon lui, M. Burnham souhaite «rendre son pays plus riche» en développant cette ressource, contrairement à son prédécesseur Keir Starmer, dont il critique la politique énergétique.

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