Aoun à l'ABL: «Le secteur bancaire est un pilier de l’économie nationale.»
Le siège de l'Association des banques du Liban (Photo ANI)

Le président de la République, le général Joseph Aoun, a affirmé qu’il était du devoir de l’État de soutenir le secteur bancaire, de le réformer et de le restructurer afin de préserver la situation économique et de garantir les droits des déposants. Il a insisté sur l’importance de parvenir à une solution juste et globale à la crise bancaire, qui satisfasse toutes les parties et préserve les droits de chacun.

Ces propos ont été tenus lors de la réception, ce matin au palais de Baabda, du président de l’Association des banques, Salim Sfeir, accompagné d’une délégation de membres de l’association.

Au début de la rencontre, M. Sfeir a pris la parole au nom de l’Association des banques du Liban, saluant les efforts du chef de l’État pour remettre l’État sur la voie du redressement et rétablir la confiance dans ses institutions.

Il a souligné que le Liban ne faisait pas face à une simple crise bancaire, mais à une crise systémique, rappelant la décision du Conseil d’État du 6 février 2024, qui avait imputé à l’État libanais la responsabilité première de la crise financière, en raison de sa politique d’emprunt auprès de la Banque du Liban pour financer les déficits budgétaires.

Selon M. Sfeir, les banques sont elles-mêmes des déposantes, ayant placé les fonds de leurs clients auprès de la Banque du Liban, et sont donc en droit de les récupérer intégralement. Il a toutefois affirmé que, conscientes de leur rôle économique et social, elles s’étaient dites prêtes à participer à l’absorption des pertes, à condition que les responsabilités et les charges soient réparties équitablement.

Il a critiqué le projet de loi transmis au Parlement, estimant qu’il écarte l’État, pourtant principal responsable de la faille financière, de toute contribution claire aux pertes. Il a également dénoncé des dispositions qui porteraient, selon lui, préjudice à la fois au secteur bancaire et aux déposants.

M. Sfeir a mis en garde contre le risque de liquidation d’un grand nombre de banques, voire de l’ensemble du secteur, si celles-ci devaient supporter des charges dépassant leurs responsabilités et leurs capacités. Il a affirmé que la protection des déposants et la continuité des banques ne sont pas deux objectifs contradictoires, mais au contraire indissociables.

Il a également déploré que le secteur bancaire soit soumis depuis près de sept ans à des poursuites, des saisies et de fortes pressions, alors même qu’il tente de continuer à servir les déposants dans les limites du possible. Il a appelé à associer les banques aux discussions qui déterminent leur avenir, jugeant inacceptable qu’elles restent exclues de débats aussi essentiels.

M. Sfeir a résumé les demandes de l’Association des banques en quatre points : une répartition équitable des responsabilités, une répartition juste des charges, une protection effective des déposants et la préservation d’un secteur bancaire viable. Il a affirmé que les banques étaient favorables aux réformes et à la restructuration, mais qu’elles refusaient que celles-ci se transforment en liquidation ou en transfert injuste des pertes sur le secteur et les déposants.

En réponse, le président Aoun a rappelé que le Liban traverse depuis 2019 une crise financière dont la responsabilité est partagée. Il a souligné que les banques ont longtemps constitué un pilier de l’économie libanaise, estimant que « sans un secteur bancaire sain, il n’y aura ni investissements ni pays ».

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de mener les réformes sans détruire le secteur bancaire ni porter atteinte à son rôle. Il a salué l’action du gouverneur de la Banque du Liban et son souci de protéger à la fois les banques et les déposants.

Joseph Aoun a également estimé que l’économie monétaire rendait difficile le contrôle de la situation à tous les niveaux. Il a réaffirmé que l’État avait le devoir de soutenir le secteur bancaire, de le réformer et de le restructurer afin de préserver l’économie et de garantir les droits des déposants.

À l’issue de la rencontre, Salim Sfeir a déclaré que la délégation était venue exprimer son soutien au président Aoun dans cette période difficile, ainsi qu’à ses choix nationaux visant à restaurer la souveraineté, la dignité, la stabilité et la sécurité du pays.

Il a ajouté que la rencontre avait permis d’exposer la réalité à laquelle sont confrontées les banques et de souligner l’importance d’une coopération entre les ministères concernés, la Banque du Liban et l’Association des banques pour traiter la situation actuelle du secteur. Il s’est félicité de la position du président Aoun, qui a insisté sur le fait que le traitement de la crise bancaire est une responsabilité commune et qu’aucune partie ne doit en assumer seule le poids.

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