Poutine à Pékin: l'essentiel de son sommet avec Xi
Dans cette photo d’archives diffusée par l’agence d’État russe Sputnik, le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping visitent une exposition photo sur les relations sino-russes à Pékin, le 20 mai 2026. ©ALEXANDER KAZAKOV / POOL / AFP

Quel bilan pour la rencontre entre Vladimir Poutine et Xi Jinping? Le président russe était à Pékin mercredi, quelques jours seulement après le départ de Donald Trump, pour raffermir ses liens avec son homologue chinois.

Voici les points clés à retenir de leurs échanges.

Faire mieux que Trump 

Signe de leur complicité, MM. Xi et Poutine se sont rencontrés une quarantaine de fois en tant que présidents.

Ils ont tenu à montrer mercredi que la visite de Donald Trump à Pékin la semaine dernière n’avait en rien affecté leurs relations.

Le chef du Kremlin a qualifié le niveau de la relation sino-russe de «sans précédent» et M. Xi l’a décrite comme «inébranlable».

Aucun des deux n’a explicitement mentionné les États-Unis, mais le président chinois a lancé une pique indirecte à Washington en dénonçant des courants «hégémoniques» sur la scène internationale.

Là où Donald Trump est reparti de Pékin avec peu d’annonces concrètes, Xi Jinping et Vladimir Poutine ont signé une série d’accords sur le commerce, les médias et l’énergie.

M. Poutine a invité M. Xi à se rendre en Russie en 2027 et a confirmé sa présence en novembre en Chine pour le sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), auquel le président américain pourrait également participer.

Iran 

Xi Jinping a déclaré à Vladimir Poutine que le Moyen-Orient est à un «moment charnière» et a appelé à une fin rapide du conflit, notamment pour garantir les approvisionnements énergétiques.

«Une reprise des hostilités serait inopportune et poursuivre les négociations est plus essentiel que jamais», a-t-il souligné.

Pékin et Moscou ont insisté sur la nécessité d’un dialogue entre les parties prenantes, selon un communiqué conjoint publié par le Kremlin.

Le détroit d’Ormuz, par où transite une grande partie des hydrocarbures destinés à la Chine, reste toutefois source de divergences.

Pékin souhaite un retour rapide des flux commerciaux, tandis que Moscou pourrait voir dans la crise une opportunité de promouvoir ses propres ressources énergétiques comme alternative.

Vladimir Poutine a qualifié le secteur énergétique de «locomotive de la coopération économique» bilatérale, ajoutant que la Russie resterait un «fournisseur fiable» pour la Chine dans le contexte de la guerre.

Gazoduc

La Chine est le premier acheteur de pétrole brut russe et le deuxième de gaz acheminé par pipeline.

Les experts s’attendaient à ce que M. Poutine profite du sommet pour renforcer ce lien et promouvoir le projet de gazoduc «Force de Sibérie 2», qui relierait les plus grandes réserves de gaz naturel russes dans le nord de la Sibérie et la Chine.

Ce projet ouvrirait un débouché pour les hydrocarbures russes délaissés par l’Europe après l’invasion de l’Ukraine, mais sa réalisation traîne en longueur.

La Chine cherche à diversifier ses approvisionnements. La crise iranienne met en lumière la vulnérabilité des acheminements en provenance du Golfe, alors que plus de la moitié de ses importations de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient, selon la société d’analyse Kpler.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité mercredi par les agences russes, a fait état d’un «assez grand progrès» sur «Force de Sibérie 2».

Moscou et Pékin ont partagé mercredi une «compréhension des principaux paramètres», notamment concernant son tracé, mais «il reste à s’entendre sur certains détails» et aucun «délai de mise en œuvre» n’a été évoqué, a-t-il ajouté.

Ukraine

Les Occidentaux pressent Pékin d’user de son influence sur Moscou pour mettre fin au conflit. Ils lui reprochent d’alimenter la machine de guerre russe par ses achats d’hydrocarbures et de fournir des composants à double usage civil et militaire.

La Chine s’en défend et proclame sa neutralité tout en appelant à la fin du conflit. Elle n’a jamais condamné l’invasion de l’Ukraine.

Les experts jugeaient peu probable que M. Xi fasse pression sur M. Poutine.

Russie et Chine se disent «convaincues de la nécessité d’éliminer totalement les causes profondes de la crise ukrainienne» sur la base de la Charte des Nations unies, selon la déclaration commune publiée par le Kremlin.

Elles préconisent de «continuer à rechercher une solution par la voie du dialogue et des négociations». «La partie russe évalue positivement la position objective et impartiale de la partie chinoise», ajoute le texte.
 

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire