Encore jeune au Liban, mais déjà lancé à vive allure sur la scène internationale, le pickleball vient d’offrir au sport libanais une jolie parenthèse dorée. À Paris, Élie Karam a remporté la médaille d’or du Skechers Pickleball Paris Open en simples messieurs 19+ niveau 3.0, tandis que son compatriote Gilbert Srour a terminé quatrième. Une percée nette pour une discipline en plein essor, qui commence à se faire une place dans le paysage sportif libanais.
Le Liban n’était pas venu à Paris pour regarder passer les échanges. Dans une compétition disputée au Centre sportif Arthur-Ashe de Montreuil, Élie Karam a frappé fort dès le premier jour du Skechers Pickleball Paris Open. Engagé en simples messieurs, dans la catégorie 19+ niveau 3.0, le joueur libanais est allé chercher la plus haute marche du podium, offrant au pays du Cèdre une médaille d’or dans un sport encore discret chez nous, mais en pleine explosion à l’échelle internationale.
Sur le podium, le symbole a fait le reste: le drapeau libanais, l’hymne national, et cette impression rare qu’une discipline nouvelle peut soudain ouvrir une fenêtre. Dans un sport où tout va vite — les appuis, les réflexes, les montées au filet, les changements de rythme — Karam a su garder la tête froide et la raquette chaude. Son compatriote Gilbert Srour, quatrième de la même épreuve, a complété la belle impression laissée par la délégation libanaise.
Un sport hybride, rapide et très accessible
Pour les non-initiés, le pickleball ressemble à un cousin moderne et nerveux du tennis. Il se joue avec une raquette pleine, plus courte qu’une raquette de tennis, et une balle en plastique perforée, sur un terrain plus petit. On y retrouve un peu de tennis, un peu de badminton, un peu de ping-pong, mais le mélange donne une discipline à part entière: rapide, ludique, tactique, accessible au départ, mais redoutablement fine dès que le niveau monte.
Le jeu ne se résume pas à frapper fort. Il faut amortir, placer, patienter, accélérer au bon moment. La zone près du filet, souvent appelée la “kitchen”, impose des contraintes particulières et oblige les joueurs à construire l’échange avec intelligence. Résultat: le pickleball récompense autant la main que les jambes, autant le toucher que l’instinct.
Né aux États-Unis dans les années 1960, ce sport a connu ces dernières années une croissance spectaculaire, notamment en Amérique du Nord, avant de gagner progressivement l’Europe, les clubs, les complexes multisports et les circuits internationaux. Paris fait désormais partie de ces étapes qui donnent du poids à cette ascension.
Paris, vitrine d’un sport en pleine montée
Le Skechers Pickleball Paris Open s’inscrit précisément dans cette dynamique. La troisième édition de l’événement se déroule sur trois jours, avec des tableaux répartis par âge, niveau et format: simples, doubles messieurs, doubles dames et doubles mixtes. Un format qui permet à des joueurs de profils différents de se mesurer dans une compétition structurée, relevée et de plus en plus suivie.
C’est dans ce contexte que la performance libanaise prend tout son relief. Élie Karam n’a pas seulement remporté une catégorie: il a placé le Liban sur la carte d’un tournoi qui devient l’une des vitrines européennes du pickleball. Deux Libanais dans le haut du classement, avec Karam en or et Srour au pied du podium, cela commence à ressembler à autre chose qu’une simple découverte. C’est un signal.
Najwa Mourad, la pionnière derrière l’élan libanais
Derrière cette présence libanaise à Paris, il y a aussi le travail de Najwa Mourad, présidente de la Fédération libanaise de pickleball et entraîneuse de la sélection. C’est elle qui a contribué à introduire cette discipline au Liban il y a quelques années, avec l’intuition qu’un sport moderne, accessible et spectaculaire pouvait séduire un nouveau public.
À Paris, Mourad n’a pas caché sa fierté. Voir un joueur libanais monter sur la plus haute marche, entendre l’hymne national lors de la cérémonie protocolaire, dans une discipline encore en phase de développement au Liban, donne à cette médaille une saveur particulière. Ce n’est pas seulement une victoire individuelle: c’est un message envoyé aux clubs, aux jeunes joueurs, aux curieux et aux institutions sportives.
La délégation libanaise ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. Après le simple, le Liban devait encore s’aligner en doubles messieurs et en double mixte, avec l’ambition d’ajouter d’autres résultats à cette moisson parisienne.
Une médaille qui peut lancer une histoire
Le sport libanais a souvent besoin d’étincelles pour allumer des histoires. Celle-ci en est une. Élie Karam a ramené de Paris une médaille d’or, mais il a surtout ramené une preuve: même dans une discipline récente, même loin des projecteurs habituels, même sans le poids médiatique du football, du basket ou des sports de combat, le Liban peut exister, rivaliser et gagner.

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