Israël a annoncé mercredi avoir tué la veille dans une frappe à Gaza Mohammed Odeh, chef de la branche armée du mouvement palestinien Hamas, onze jours après l'assassinat de son prédécesseur dans un raid israélien mené en dépit du cessez-le-feu.
Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont confirmé dans la soirée la mort de leur "chef d'état-major". Mohammed Odeh a été tué «lors d'une lâche opération d'assassinat» ayant entraîné la mort «de son épouse et de ses enfants, et fait un certain nombre [d'autres] morts et blessés civils», indique un communiqué des Brigades.
Un dirigeant du Hamas a précisé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que trois enfants Odeh avaient été tués avec lui: deux fils majeurs et une fille mineure, dont il n'a pas précisé les âges.
L'armée et le Shin Bet, l'agence de la sécurité intérieure israélienne, avaient annoncé plus tôt que celui qu'Israël présente comme «l'un des principaux architectes» de l'attaque du 7 octobre 2023 ayant déclenché la guerre de Gaza avait été tué la veille dans une frappe sur le nord du territoire palestinien.
Dans un communiqué pleurant sa mort, le Hamas a confirmé que ce haut gradé avait bien participé à la conception et à la planification de l’attaque.
À Gaza-ville, des centaines d'hommes et d'adolescents brandissant des drapeaux verts du Hamas et le portrait du défunt ont participé à ses funérailles.
«Qui sera le prochain ?»
Israël, qui l'a «délibérément assassiné», a cherché ainsi à détruire «la joie de la fête pour les musulmans et les Palestiniens», a déclaré Ahmad Abou Odeh, un de ses cousins, alors que les musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, l'une des plus importantes fêtes islamiques.
Mohammed Odeh a longtemps dirigé les services de renseignement des Brigades Ezzedine al-Qassam. Sa nomination à la tête de la branche armée du Hamas pour succéder à Ezzedine al-Haddad, tué le 15 mai dans une frappe israélienne, n'a jamais été annoncée ou confirmée officiellement par le mouvement islamiste palestinien.
Il était l'un des principaux dirigeants militaires du Hamas encore en vie après la mort de Mohammed Deïf, chef des Brigades, tué dans une frappe israélienne en juillet 2024, puis de celle de son successeur et chef suprême du Hamas, Yahya Sinouar, tué en octobre 2024 par des tirs de soldats israéliens, et auquel Ezzedine al-Haddad avait succédé comme chef militaire.
«Le poste de commandant de la branche armée du Hamas est devenu la fonction la plus éphémère à Gaza», a ironisé sur X le lieutenant-colonel Ella Waweya, porte-parole arabophone de l'armée israélienne: «La question n'est pas qui sera le prochain ?, mais combien de temps lui restera-t-il ?».
«Vouées à l'échec»
«Nous nous sommes engagés à éliminer tous ceux qui ont dirigé le massacre du 7-Octobre, et c'est ce que nous ferons», a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, sur X.
Le ministre a ajouté qu'Israël était déterminé à mettre fin au règne du Hamas à Gaza.
Mercredi soir, l'armée israélienne a déclaré avoir «frappé deux terroristes importants du Hamas dans le nord de la bande de Gaza», tandis que les médias israéliens ont rapporté qu'elle visait un commandant de brigade du Hamas et un commandant adjoint.
Un porte-parole de l'agence de défense civile de Gaza, a indiqué à l'AFP que quatre personnes avaient été tuées et 15 autres blessées lors d'une frappe aérienne israélienne dans le centre de la ville de Gaza.
AFP



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