1,24 million de personnes en insécurité alimentaire aiguë au Liban, selon le PAM
Au Liban, la situation alimentaire continue de se détériorer, avec 1,24 million de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit près d’un quart de la population. ©Compte X du Programme alimentaire mondial

Au Liban,  1,24 million de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit près d’un quart de la population, entre avril et août 2026. Les prix des denrées de base poursuivent également leur hausse, avec une augmentation de plus de 20% pour les légumes et d’environ 15% pour le pain depuis le début de l’escalade du conflit.

La situation varie fortement selon les régions: dans le sud du Liban et dans le gouvernorat de Nabatiyé, plus de 80% des marchés ne sont plus opérationnels, tandis qu’à Beyrouth et dans d’autres zones, les marchés restent ouverts mais subissent une pression croissante liée à la demande et aux perturbations logistiques.

Plus d’un million de déplacés et une pression humanitaire accrue

Dans un rapport publié lundi, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies alerte sur une détérioration rapide de la situation humanitaire, dans un contexte où plus d’un million de personnes restent déplacées à travers le pays. L’agence souligne la combinaison «critique» entre déplacements massifs, perte de revenus et fragilisation des marchés.

Selon le PAM, la hausse des prix, la réduction du pouvoir d’achat et les difficultés d’approvisionnement rendent l’accès à la nourriture de plus en plus difficile pour les ménages vulnérables.

Une réponse humanitaire à grande échelle mais sous tension

Face à l’urgence, le PAM indique avoir fortement intensifié ses opérations à travers le pays. Depuis le 2 mars, plus de 700.000 personnes affectées par le conflit ont reçu une aide alimentaire ou financière.

En moyenne, près de 150.000 personnes par jour bénéficient d’une assistance sous forme de repas chauds, de rations prêtes à consommer et de colis alimentaires, distribués dans les zones de déplacement.

L’organisation souligne toutefois que les bombardements quotidiens et les ordres d’évacuation compliquent fortement l’accès humanitaire, en particulier dans les zones les plus touchées.

Convois humanitaires retardés et distribution d’aide

Le PAM précise que 24 convois humanitaires ont été déployés vers le sud du Liban, notamment vers les villages frontaliers, Tyr et le Hermel. Toutefois, plus de la moitié des demandes ont été retardées ou annulées en raison des contraintes sécuritaires.

Par ailleurs, environ 500.000 Libanais reçoivent une aide en espèces via les systèmes nationaux, ainsi que plus de 100.000 réfugiés syriens.

Depuis le début de la crise, près de cinq millions de repas chauds ont été distribués à des familles récemment déplacées.

Des besoins financiers urgents

Le PAM indique avoir soutenu plus de 215.000 déplacés dans plus de 500 centres d’accueil, ainsi qu’environ 85.500 personnes vivant dans des communautés d’accueil ou des zones difficiles d’accès.

Pour poursuivre ses opérations vitales, l’agence onusienne estime avoir besoin de 112 millions de dollars entre mai et août 2026, soit environ 44,1 millions de dollars par mois. Sans financement stable et prévisible, elle avertit que la continuité de l’aide alimentaire et financière aux populations vulnérables pourrait être compromise.

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