Bahreïn: prison à vie pour un officier ayant battu à mort un détenu
La police bahreïnie intervient pour disperser des manifestants lors d’affrontements, dans le village chiite de Shahrakkan, au sud de Manama, le 5 avril 2016.  ©Mohammed Al-Shaikh/ AFP

Un officier du renseignement bahreïni a été condamné à la réclusion à perpétuité mardi pour avoir battu à mort un détenu, selon une source officielle.

Des organisations de défense des droits humains ont affirmé que le prisonnier, décédé en mars, était un militant chiite du nom de Mohamed Almosawi.

Bahreïn est dirigé par une dynastie musulmane sunnite, mais ce petit royaume compte une importante population chiite qui se plaint depuis longtemps de marginalisation.

Un tribunal de Bahreïn «a condamné l'accusé à la prison à perpétuité», a indiqué l'unité d'enquête spéciale du royaume dans un communiqué.

Selon rapport établi par l'inspecteur général des services de renseignement, un de ses membres avait battu le détenu qui, grièvement blessé, avait été transféré à l'hôpital, où il était décédé.

Le 27 mars, l'ONG bahreïnie basée à Londres, Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD), avait signalé la mort de Mohamed Almosawi, 32 ans, arrêté à un barrage une semaine plus tôt.

Les autorités ont indiqué qu'il avait été arrêté car soupçonné «d'espionnage» au profit de l'Iran.

BIRD avait réclamé une enquête «urgente» sur sa mort, et publié des photos montrant sur son corps récupéré par sa famille des traces de coups et de blessures.

Human Rights Watch avait également dit que sa dépouille portait des signes de torture.

Les attaques de l'Iran dans le Golfe en représailles à l'offensive israélo-américaine qui a tué le guide suprême Ali Khamenei, figure spirituelle pour de nombreux chiites, ont attisé les tensions dans le petit royaume du Golfe.

Depuis le début de la guerre fin février, Bahreïn s'en est pris à ceux qui expriment leur soutien ou leur sympathie à l'égard de Téhéran.

Certains ont été accusés d'espionnage, et plus de 300 personnes, pour la plupart de confession chiite, ont été arrêtées, selon des défenseurs des droits humains.

Bahreïn a nié mener une répression contre ses citoyens sur la base de leur appartenance  communautaire.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire