Téhéran réplique dans le Golfe après des frappes américaines sur l'Iran
Une capture d’écran extraite d’un enregistrement de l’interface du site MarineTraffic, datée du 21 avril 2026, montre une visualisation du trafic maritime dans le golfe, le détroit d’Hormuz et le golfe d’Oman entre le 18 et le 20 avril, dans le contexte d’une trêve fragile entre les États-Unis et l’Iran. ©MARINETRAFFIC.COM / AFP

L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un «très, très bon accord» pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de «deux à trois jours». Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.

Tôt mercredi, l'Iran a annoncé des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à «des cibles aériennes hostiles» sans préciser leur provenance.

Dans une justification, la diplomatie iranienne a jugé mercredi dans un communiqué que les pays du Golfe avaient «la responsabilité légale et morale (...) d'empêcher l'armée américaine et Israël d'utiliser leur territoire ou leurs installations pour planifier, organiser, exécuter ou soutenir des actions hostiles contre l'Iran».

En Jordanie, les Gardiens de la Révolution iraniens ont dit avoir «visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain» d'Azraq, l'armée jordanienne annonçant avoir abattu cinq missiles iraniens.

À Bahreïn, des combattants de cette armée idéologique iranienne ont, eux, annoncé avoir procédé à «une attaque de drones contre la Ve flotte» américaine. Peu après, les sirènes d'alerte ont retenti dans ce petit pays du Golfe.

Les Gardiens ont justifié leur opération par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Celles-ci ont «endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d'eau dans la ville», ont-ils précisé.

Des médias iraniens avaient signalé plus tôt plusieurs séries d'explosions au niveau du détroit, stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures.

L'armée américaine y a frappé «des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens» près du détroit, selon un communiqué du Commandement central pour le Moyen-Orient (Centcom) des forces américaines.

Le Commandement américain a présenté ces frappes comme des mesures «en légitime défense» et de façon «proportionnée» en réponse à la destruction d'un hélicoptère Apache de l'armée américaine.

Celui-ci survolait lundi le détroit d'Ormuz lorsqu'il a été abattu par l'Iran, selon le président Trump.

Ces nouveaux échanges de feu ont fait légèrement monter les prix du pétrole. Le baril de WTI, référence américaine du brut, prenait 0,53 % à 88,67 dollars, mercredi vers 05H00 GMT.

Accord en attente

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a semblé vouloir minimiser l'incident impliquant l'hélicoptère.

«Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques (...) la meilleure solution est qu'elles partent», a-t-il souligné sur X. «Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d'autres langues.»

Après l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, tuant trois personnes, dont deux militaires, et blessant 15 autres en Iran, selon la télévision d'État.

M. Trump avait exhorté les deux pays à cesser «immédiatement» les hostilités. Le chef de l'État américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux États-Unis, qu'il a déclenché au côté d'Israël le 28 février.

Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

AFP

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