L’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, a affirmé lundi qu’«il n’y a aucune communication entre l’administration Trump et le Hezbollah», à l’issue d’un entretien avec le président du Parlement Nabih Berry, dernière étape de sa tournée auprès des responsables libanais.
M. Issa a indiqué que M. Berry lui avait transmis «la réponse du Hezbollah concernant le cessez-le-feu», ajoutant que «nous verrons ce qui se passera par la suite».
Il a également estimé que la frappe israélienne menée dimanche contre la banlieue sud de Beyrouth était intervenue «en réponse aux attaques du Hezbollah contre Israël».
L’ambassadeur américain a par ailleurs affirmé qu’«Israël se retirera du Liban et restituera les territoires occupés ainsi que les prisonniers», ajoutant que la «zone pilote» ne ferait pas l’objet de bombardements israéliens et qu’elle serait placée «sous la protection de l’armée libanaise».
Visite à Baabda
Les négociations entre le Liban et Israël sous médiation américaine doivent se poursuivre à Washington, a également affirmé Michel Issa plus tôt dans la journée à l’issue d’un entretien avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda.
السفير الأميركي ميشال عيسى بعد لقائه الرئيس جوزاف عون:
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) June 8, 2026
- تداولنا في مسار المفاوضات اللبنانية-الأميركية-الإسرائيلية وما تضمنته على صعيد انهاء الوضع القائم في لبنان. وعبرت للرئيس عون عن تقدير بلادي للمواقف التي اعلنها في المقابلة المهمة التي أجريت معه قبل أيام.
- من المهم جدا ان… pic.twitter.com/90iaNDm7GI
Cette visite intervient au lendemain de frappes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth, qui ont déclenché une riposte iranienne. À la suite de frappes iraniennes sur son territoire, Israël a repris les attaques contre Téhéran.
Évoquant ces développements, l’ambassadeur a estimé que les événements de dimanche constituaient «un message politique», soulignant que Washington avait décidé d’empêcher tout élargissement de la confrontation. Il a insisté sur l’importance accordée par son pays au dossier libanais, affirmant que le président Donald Trump suit quotidiennement la situation et évoque régulièrement le Liban.
Michel Issa a indiqué avoir évoqué avec le chef de l’État le processus de négociation en cours avec Israël ainsi que les dispositions destinées à mettre fin à la situation actuelle au Liban. Il a salué les positions récemment exprimées par Joseph Aoun, estimant qu’il est essentiel, pour un responsable politique, de faire un choix clair et de s’y tenir lorsqu’il s’agit de la seule voie susceptible de mettre un terme à une crise aussi douloureuse.
«Point de non-retour»
Le diplomate américain a par ailleurs réaffirmé le soutien de Washington au choix du président Aoun en faveur de la négociation, estimant que cette approche contribuait à rapprocher le pays de la fin des souffrances de sa population.
Reconnaissant que les pourparlers pourraient nécessiter du temps, M. Issa a jugé irréaliste de vouloir résoudre l’ensemble des questions en une seule réunion. Il a toutefois estimé que la poursuite du dialogue produisait déjà des effets positifs sur l’évolution de la situation au Liban et dans la région.
«Nous sommes parvenus à un point de non-retour. La glace est brisée et nous poursuivrons nos efforts pour aider le Liban à sortir de sa crise», a-t-il indiqué.
Michel Issa a également rendu hommage à la délégation libanaise participant aux discussions, qu’il a qualifiée de professionnelle et efficace. Selon lui, ses membres défendent les intérêts du Liban avec clarté et franchise.
L’ambassadeur s’est également réuni avec le Premier ministre Nawaf Salam qui a affirmé: «Personne d'autre que l'État libanais ne négocie au nom du Liban».



Commentaires