Le plus grand rendez-vous sportif de la planète débute aujourd’hui avec une édition XXL: 48 équipes, trois pays hôtes et un mois de football total. Entre favoris, outsiders et nouveaux venus, le Mondial 2026 ouvre son immense théâtre nord-américain.
Dans quelques heures, la première des trois cérémonies d’ouverture, prévue à 20h30 heure de Beyrouth, donnera le ton à Mexico, avant le premier choc du tournoi, Mexique–Afrique du Sud, dont le coup d’envoi sera donné à 22h00. Suivront ensuite deux autres lancements, à Toronto puis à Los Angeles, pour marquer l’entrée en scène des trois pays hôtes. En à peine 30 heures, le Mondial 2026 ouvrira ainsi trois rideaux sur un même spectacle: celui d’une Coupe du monde géante, éclatée sur tout un continent.
Le ballon roulera d’abord à l’Estadio Azteca, temple mexicain chargé d’histoire, et la Coupe du monde 2026 cessera d’être une attente pour devenir une réalité.
Le Mondial est là. Bien là. Avec ses hymnes, ses drapeaux, ses maillots, ses certitudes déjà fragiles et ses inconnus déjà prêts à écrire leur page.
Alors que le Moyen-Orient s’enlise dans ses remous, que l’actualité internationale continue de charrier ses tensions, une partie du monde va, l’espace de quelques semaines, regarder ailleurs: vers le Mexique, le Canada et les États-Unis, où la grande fête du football s’installe pour la première Coupe du monde organisée dans trois pays, avec trois cérémonies d’ouverture pensées comme autant de portes d’entrée vers le même tournoi.
Au Liban aussi, toutes confessions confondues, les différends politiques céderont peut-être, le temps d’un Mondial, la place aux différends de supporters. On débattra moins de blocs et d’alliances que de favoris, de systèmes de jeu, de penalties, de VAR et de maillots. Une autre forme de passion nationale, plus légère, plus universelle, pour savourer la grande messe du football.
Une Coupe du monde géante
Cette édition marque un tournant. Fini le format à 32 équipes, place à un Mondial à 48 sélections, réparties en douze groupes de quatre. Le tournoi s’étire, s’élargit, se densifie: 104 matches, des seizièmes de finale, davantage de nations, davantage de voyages, davantage de récits.
Les puristes regretteront peut-être une dilution de l’élite. Les autres y verront une ouverture, une respiration, une invitation plus large lancée au football mondial. Car cette Coupe du monde 2026 n’est pas seulement celle des grandes puissances habituelles. Elle est aussi celle des nouveaux venus, des pays qui découvrent la scène, des sélections qui n’avaient jusque-là connu le Mondial qu’à travers l’écran.
C’est aussi cela, la magie de la Coupe du monde: faire entrer dans la même phrase les géants et les novices, les champions du monde et les petits poucets, les stars millionnaires et les joueurs qui arrivent avec une histoire nationale sur les épaules.
L’Argentine remet sa couronne en jeu
Au sommet de la pyramide, l’Argentine avance avec l’étoile du Qatar cousue sur le cœur. Championne du monde en titre, l’Albiceleste revient pour défendre son royaume, avec ce mélange de fierté, de grinta et de mémoire qui accompagne toujours les grandes équipes argentines. Le défi est immense: conserver une Coupe du monde reste l’une des missions les plus difficiles du sport.
Derrière elle, les prétendants n’attendent qu’une fissure. La France, finaliste malheureuse en 2022, arrive encore avec un effectif dense, profond, presque insolent de talent. Les Bleus ne manquent ni d’expérience, ni de puissance, ni de certitudes. Ils savent aller loin. Ils savent souffrir. Ils savent gagner.
L’Espagne, elle, avance avec son football de possession, de mouvement et de fraîcheur. La Roja a retrouvé une identité forte, une génération brillante et cette capacité à faire courir l’adversaire jusqu’à l’usure. Le Brésil, éternel favori s’il en est, reste ce pays que personne n’ose jamais enterrer, même lorsqu’il doute. Car avec le Brésil, le danger n’est jamais loin: il suffit parfois d’un contrôle, d’un crochet, d’un éclair.
Les autres candidats au trône
L’Angleterre et l’Allemagne semblent peut-être un cran en dessous dans l’imaginaire du moment, mais elles restent des monuments. L’Angleterre possède des joueurs capables de faire basculer n’importe quel match. L’Allemagne, même moins souveraine, demeure l’Allemagne: une sélection que l’on sous-estime à ses risques et périls.
Le Portugal, les Pays-Bas, la Belgique, la Croatie ou encore certaines sélections africaines et asiatiques chercheront leur brèche. Dans un format plus large, avec une phase à élimination directe qui commencera plus tôt, le piège peut surgir partout. Un match raté, une soirée sans inspiration, une erreur défensive, un carton rouge, un gardien en état de grâce: en Coupe du monde, le destin tient souvent à un détail.
Ce Mondial 2026 sera aussi celui des contrastes. Il y aura les grandes affiches et les longs déplacements, les stades géants et les fuseaux horaires, la démesure américaine et la ferveur mexicaine, la découverte canadienne et l’appétit planétaire. Le football y sera à la fois spectacle, industrie, émotion et mémoire.
Un mois pour rêver
Comme toujours, la Coupe du monde commencera avec des pronostics et finira avec des visages. On parlera aujourd’hui de favoris, de tableaux, de groupes, de statistiques. Dans quelques semaines, on retiendra peut-être un arrêt, un but, une larme, une course folle, une célébration, une élimination cruelle ou une équipe que personne n’avait vue venir.
C’est la règle du Mondial: il appartient à tout le monde avant le coup d’envoi, puis choisit lui-même ses héros.
À partir d’aujourd’hui, le football reprend son grand costume. Les nations entrent en scène, les supporters retiennent leur souffle, les champions remettent leur couronne en jeu et les outsiders avancent masqués.
Le Mondial est là, bien là. Tout le monde est invité.




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