Accord Chypre-France: Ankara dénonce une violation du droit international
Cette photo de presse diffusée par la présidence chypriote du Conseil de l'UE 2026 montre la ministre française de la Défense, Catherine Vautrin, et son homologue chypriote, Vasilis Palmas, en train de signer un accord sur le statut des forces (SOFA) lors de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE à Nicosie, le 8 juin 2026. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde le 10 juin contre toute évolution susceptible de nuire au nord de Chypre, après que la France et Chypre ont signé un accord autorisant la présence de forces françaises sur le territoire chypriote. Cet accord est le dernier signe en date d'une coopération franco-chypriote en plein essor dans le domaine de la défense, dans un contexte de préoccupations accrues en matière de sécurité alors que des conflits font rage dans l'ensemble de la région. ©SPIROS GIAGKOU / CYPRUS PRESIDENCY OF THE COUNCIL OF THE EU 2026 / AFP

La Turquie a qualifié jeudi de «provocation» l'accord signé lundi entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote, le jugeant «contraire au droit international».

«L'accord signé entre la France, qui n'a aucun statut de garant à Chypre, et l'administration chypriote grecque, qui vise à modifier unilatéralement le fragile équilibre sur l'île et méconnaît la volonté et les droits souverains égaux des Chypriotes turcs, est contraire aux accords de Chypre de 1960 et au droit international», a indiqué le ministère turc de la Défense dans un communiqué.

«Ces mesures (...) dépourvues de toute légitimité et dont les conséquences n'ont pas été soigneusement étudiées pourraient avoir des conséquences dangereuses pour le sud de l'île», a ajouté le ministère turc, qui dit «suivre de près cette provocation visant à déstabiliser la Méditerranée orientale».

L'accord signé lundi à Nicosie entre les ministres français et chypriote de la Défense fait suite au vœu formulé en avril par le président français Emmanuel Macron et son homologue chypriote Nikos Christodoulides de faciliter l'accueil de forces françaises à Chypre «pour des opérations humanitaires en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient».

Les forces armées françaises utilisent déjà régulièrement Chypre comme base de déploiement et de soutien lors de crises régionales.

«En tant que pays garant, nous continuerons à protéger les droits et les intérêts et à assurer la sécurité de la République turque de Chypre-Nord, comme nous l'avons fait par le passé», a souligné le ministère turc de la Défense en dénonçant des «attitudes hostiles».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà promis mercredi une «réponse très ferme» en cas d'«atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale».

L'île de Chypre est divisée depuis l'invasion par la Turquie le 20 juillet 1974 de sa partie nord, en réponse à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes grecs visant à rattacher le pays à la Grèce.

La partie nord de l'île, où vivent principalement des Chypriotes turcs et des colons turcs, a été autoproclamée République turque de Chypre-Nord en 1983, et ses autorités ne sont reconnues que par Ankara.

AFP

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