Donald Trump a accusé vendredi l'Iran de mentir sur le contenu du texte en cours de discussion avec les États-Unis, qui ont présenté leur version des points d'accord avec Téhéran.
«Voilà ce qu'ils ont accepté», a indiqué un haut responsable à l'AFP, en exposant cinq points: «le matériau nucléaire (iranien) sera détruit et enlevé»; «le programme nucléaire sera démantelé»; «leurs fonds ne seront pas libérés avant qu'ils ne remplissent les termes»; «le détroit d'Ormuz sera ouvert»; «pas de financement des groupes terroristes par l'Iran».
Le ministre iranien des Affaires étrangères lui a assuré vendredi qu'un accord entre son pays et les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient n'avait «jamais été aussi proche».
«Dans l'attente de sa finalisation, les médias devraient s'abstenir de spéculer sur son contenu», a écrit Abbas Araghchi sur X, ajoutant que «tous les détails seraient communiqués au public en temps voulu».
Cette liste arrive après que des médias iraniens ont fait circuler un projet d'accord avec les États-Unis, que le président et le vice-président américains ont contesté.
«Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit. Ce qu'ils ont dit, y compris leur déclaration faible et pathétique sur l'accord qui serait conclu, est sans rapport avec la réalité», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, en appelant l'Iran à se «ressaisir, et VITE !».
Vance
Le vice-président JD Vance, dont Donald Trump a dit jeudi qu'il représenterait les États-Unis en cas de signature dès ce week-end, a lui dénoncé des «fausses informations» en circulation.
«Les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion», a-t-il écrit sur X.
«L'accord est structuré de telle sorte que les préoccupations des États-Unis et de leurs alliés sont prioritaires», a-t-il affirmé, en ajoutant: «Le président nous obtiendra un bon résultat, d'une manière ou d'une autre».
Les Iraniens «sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux il est impossible de négocier de bonne foi», a jugé pour sa part Donald Trump, toujours sur sa plateforme Truth Social, annonçant par ailleurs que l'Iran avait lancé jeudi soir une attaque de drones «INACCEPTABLE» contre des bateaux indiens dans le détroit d'Ormuz, qui a été selon lui «totalement repoussée».
Un haut responsable de l'armée américaine a indiqué à l'AFP que l'Iran avait tenté de frapper des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz et que les États-Unis avaient répliqué en abattant deux drones d'attaque iraniens.
Donald Trump a plusieurs fois changé de ton de manière très abrupte en l'espace de vingt-quatre heures, comme il l'a déjà fait à de nombreuses reprises depuis le début de la guerre.
Il avait menacé jeudi l'Iran de mener des frappes massives, avant d'y renoncer quelques heures plus tard pour affirmer que la signature d'un accord avec Téhéran pourrait avoir lieu dès ce week-end en Europe.
Ormuz
L'agence de presse iranienne officielle Irna a affirmé que Téhéran ne renoncerait pas au contrôle du détroit d'Ormuz aux termes d'un projet d'accord-cadre avec Washington pour mettre fin à la guerre, et camperait sur son droit à l'enrichissement nucléaire.
L'agence de presse iranienne Mehr, citant une source proche de l'équipe de négociation iranienne, a elle publié ce qu'elle a présenté comme le texte discuté, qui prévoit une «cessation permanente et immédiate des hostilités (...) y compris au Liban», «60 jours de négociations pour parvenir à un accord sur les questions nucléaires et la levée complète des sanctions» américaines.
Elle a affirmé que le projet incluait la «libération de 24 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués pendant la période finale de négociation de 60 jours».
Il prévoit également, selon elle, la «suspension des sanctions sur la vente» de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens, et la «levée complète» du blocus américain des ports iraniens.
Selon Mehr, le projet souligne la nécessité pour les États-Unis et leurs alliés de verser à l'Iran des réparations pour les dommages subis pendant la guerre et «de présenter des plans de reconstruction (...) d'au moins 300 milliards de dollars».
«Les négociations finales ne débuteront pas avant la libération de la moitié des fonds iraniens bloqués, la suspension des sanctions visant le pétrole iranien et la levée du blocus naval», a-t-elle ajouté.
Par Aurélia END / AFP



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