La France accueille de lundi à mercredi le sommet annuel du G7 à Évian. Beaucoup de sujets sont à l’ordre du jour. Parmi les plus notables : les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient, l’économie mondiale ou encore le numérique.
Après Kananaskis (au Canada), au tour d’Évian-les-Bains. C’est dans cette ville située sur les bords du lac Léman et au cœur des Alpes que les dirigeants du G7 se retrouvent ce lundi 15 jusqu’au mercredi 17 juin pour un sommet. C’est la deuxième fois que ce lieu proche de la Suisse accueille un tel rendez-vous – après avoir déjà accueilli le G8 (à l’époque), en 2003. Il s’agit également du deuxième (et dernier) sommet du G7 que le président français Emmanuel Macron préside après celui organisé à Biarritz en 2019.
Sont attendus les dirigeants de ces 7 pays comptant parmi les plus industrialisés au monde : le président Macron – hôte du sommet –, son homologue américain Donald Trump, ainsi que les Premiers ministres du Royaume-Uni Keir Starmer, du Canada Mark Carney, de l’Italie Giorgia Meloni, du Japon Sanae Takaïchi, ainsi que le chancelier allemand Friedrich Merz.
Devraient également être présents le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Guerre au Moyen-Orient, et réouverture absolue du détroit d’Ormuz
L’un des sujets les plus sensibles de ce sommet devrait sans doute être la guerre au Moyen-Orient. Ce sommet du G7 constituera d’ailleurs les premières retrouvailles transatlantiques depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran fin février. Une guerre qui a porté un nouveau coup à des relations déjà abîmées par les ambitions américaines sur le Groenland et la guerre commerciale de Washington à coups de tarifs douaniers.
Ces derniers jours, le conflit au Moyen-Orient a (re)gagné en intensité bien qu’un fragile cessez-le-feu soit toujours en vigueur, Téhéran et Washington multipliant les échanges de tirs mais poursuivant dans le même temps les négociations. Vendredi, un haut responsable américain a estimé vendredi à "80 à 85%" la probabilité qu'un accord soit signé avec l'Iran dans les "prochains jours". Téhéran a de son côté jugé qu'un accord n'avait "jamais été aussi proche". Mais rien n’est encore signé à l’heure où ces lignes sont écrites.
L’Iran avait par ailleurs annoncé jeudi que le détroit d’Ormuz est de nouveau fermé «jusqu’à nouvel ordre». Européens, Canadiens et Japonais – qui n’ont pas soutenu le conflit –, vont ainsi insister pour la réouverture de ce passage stratégique, dont le blocage impacte l’économie mondiale et pèse notamment sur les prix des carburants. L’Élysée a souligné jeudi qu’il convient de «s'assurer que nous pouvons, avec le président Trump, définir des objectifs communs et d'abord la réouverture d'Ormuz».
Dans ce contexte, les présidents égyptien et émirati, Abdel Fattah al-Sissi et Mohammed Ben Zayed, ainsi que l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, seront associés aux discussions mardi.
Guerre en Ukraine, Zelensky présent à Evian
Autre sujet brûlant au menu des discussions : la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans.
Les Européens espèrent que le locataire de la Maison Blanche se laisse convaincre de soutenir le président ukrainien Volodymyr Zelensky – attendu mardi matin au sommet – dans son offre de dialogue direct avec le président russe Vladimir Poutine. Et de renoncer à demander à l’Ukraine d'abandonner à la Russie l'ensemble du Donbass (région située dans l'Est ukrainien).
L’Élysée a indiqué jeudi qu’il « n’y a pas de concessions à faire aux Russes en première analyse, pas non plus de raison aujourd'hui de lever les sanctions à l'égard de la Russie ».
Mercredi, le président Macron avait déjà indiqué lors d'un échange avec la société civile à l'Élysée qu’il est «très important pour nous parce qu'il faut recréer de la convergence au G7, en soutien à l'Ukraine sur les différents aspects évidemment de la guerre», y compris sur la nécessité de «négociations».
«Rééquilibrer» l’économie mondiale
Emmanuel Macron a également convié à certaines séquences du sommet les dirigeants du Brésil, de l'Inde (deux pays membres des Brics+), de la Corée du Sud, et du Kenya pour éviter que ce forum de puissances industrialisées soit perçu comme antagoniste aux pays émergents.
Lors d'un «sommet de convergence» en visioconférence – présidé par Emmanuel Macron – jeudi, les membres du G7, les pays invités et la Chine (représentée par un vice-Premier ministre, Zhang Guoqing) se sont accordés sur la nécessité de «rééquilibrer» l'économie mondiale et de poursuivre la discussion au sommet du G20 en décembre aux États-Unis, a indiqué l'Élysée, pointant les surcapacités et aides publiques chinoises à l'industrie, la guerre des droits de douane ou le manque d'investissements en Europe. La présidence française a également indiqué que «pour la première fois depuis au moins la formation du G20 en 2008, la Chine et les pays partenaires du G7 ont échangé avec le G7 sur la réduction des déséquilibres mondiaux».
La tech sera également au menu du sommet. La France a invité plusieurs «leaders de la tech mondiale», dont les Américains Sam Altman et Dario Amodei, respectivement patrons d'OpenAI et d’Anthropic, ou encore le Français Arthur Mensch (fondateur de Mistral AI), pour un déjeuner mercredi afin de pousser ses initiatives de régulation mais aussi l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Ces débats s'annoncent tendus avec le président américain. Sur ce point, comme sur le dossier épineux des minerais critiques ou sur le narcotrafic, des déclarations seront publiées mercredi à l'issue du sommet.
Dispositif sécuritaire hors-normes
L’accueil des chefs d’État et de gouvernement, mais aussi des autres personnalités, signifie le déploiement d’un dispositif de sécurité inédit. Ce sont les autorités françaises qui assurent la protection immédiate du sommet, avec des zones de sécurité renforcées autour d'Évian, de Thonon-les-Bains et des principaux axes de circulation. La préfecture de Haute-Savoie a ainsi indiqué que près de 16 000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et garde-frontières seront mobilisés, avec des bateaux, des motos, des drones, mais aussi des équipes équestres et cynophiles.
https://x.com/Gendarmerie/status/2065371321018548560?s=20
Selon Emmanuelle Dubée, préfète de Haute-Savoie, il s'agit de faire face "au risque lié au contexte international extrêmement tendu", au "risque terroriste qui reste majeur en France", au "risque de sabotage et d'attaque cyber", mais aussi de "trouble à l'ordre public".
Jeudi, le général Marc Le Bouil, en charge des opérations de protection du sommet, a annoncé à l'AFP qu'environ 300 militaires de l'Armée de l'Air et de l'Espace seraient mobilisés pour mettre en place une "bulle" de protection contre toute menace aérienne. Il a précisé que "des aéronefs, des systèmes radar, des systèmes de défense sol-air et de lutte anti-drones" français et suisses seront déployés des deux côtés de la frontière.
Le gouvernement suisse a de son côté engagé environ 4 000 militaires sur terre, sur le lac et dans l'espace aérien, en coordination avec l'armée française.
Mais l’organisation du sommet et cette forte présence sécuritaire va se traduire par des restrictions de circulation, des fermetures de postes-frontières, des contrôles accrus et un droit de manifester très encadré.




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