France : un incendie dans le sud-ouest ravage 1.100 hectares, 500 personnes évacuées
Incendies en Europe du Sud : des milliers de personnes évacuées en France, en Italie et en Espagne, alors que les flammes continuent de progresser sous l'effet de la chaleur et du ven ©AFP

Le nouvel incendie qui s'est déclaré jeudi dans le sud-ouest de la France, dans la forêt de pins des Landes asséchée par les canicules à répétition, a déjà parcouru vendredi matin 1.100 hectares et entraîné l'évacuation de plus de 500 personnes, sans provoquer de dégâts matériels majeurs.

En France, l'année 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en vingt ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares déjà brûlés.

«Le feu est freiné», grâce à la baisse des températures nocturnes et un air plus humide, a déclaré à la presse le colonel Arnaud Fabre, chef des pompiers locaux, qui redoute néanmoins de nouvelles sautes de feu avec le retour de la chaleur dans la journée, avec 36°C attendus.

Les «quinze prochaines heures seront déterminantes», a estimé le préfet du département, Gilles Clavreul.

Dans le même massif des Landes de Gascogne, majoritairement peuplé de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, un mégafeu avait parcouru fin juillet plus de 40.000 hectares plus au nord, en Gironde.

Vendredi matin, une fumée toujours très épaisse produisait un voile opaque sur Luglon, petit bourg de 350 habitants.

«On a protégé les maisons. Tout a tenu», assure un pompier à un habitant inquiet, devant la salle des fêtes où sont servis les repas et boissons aux bénévoles et aux soldats du feu.

René Wojcieszek, 69 ans, qui redoutait de tout perdre dans la nuit, a retrouvé le sourire.

Hélicoptère australien 

«Un commandant m'a dit que le feu est passé à quelques mètres de la maison. J'espère que le retour des avions écartera le danger», a-t-il dit à l'AFP.

Le préfet espérait vendredi matin une reprise rapide des moyens aériens, suspendus dans la nuit (2 Dash, 4 Canadair, 2 Air Tractor) et attendait avec impatience la possible amélioration des conditions météorologiques, annoncée à partir de samedi.

Un hélicoptère bombardier d'eau prêté par l'Australie, un Chinook CH-47D à deux rotors, capable de transporter près de deux fois plus d'eau qu'un Canadair, a été utilisé pour la première fois vendredi dans les Landes.

Massivement utilisé par l'armée américaine lors de la guerre du Vietnam, l'appareil a effectué son premier largage au-dessus d'importants panaches de fumée, ont constaté des journalistes de l'AFP à Luglon.

Ce super bombardier d'eau est capable de larguer en une seule fois 11.300 litres d'eau et réalise son plein de cuve en une minute et demie, par aspiration au-dessus d'un point d'eau.

L'incendie, dont l'origine reste à déterminer, a rapidement progressé dans la soirée de jeudi, à la faveur de vents tournants.

Au total, 525 habitants de la zone ont été évacués vers les communes voisines, et pour l'instant, aucune habitation n'a été détruite, même si certaines sont à seulement quelques dizaines de mètres de la ligne de feu, précise la même source.

Quelque 500 sapeurs-pompiers sont engagés pour venir à bout de ce feu.

«Éviter le secteur» 

Dans la nuit, le ciel orangé était visible à des kilomètres à la ronde, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les autorités demandent d'«éviter le secteur», situé au cœur du massif des Landes de Gascogne, à cheval sur trois départements (Landes, Gironde et Lot-et-Garonne), et deux routes départementales ont été coupées autour de Luglon.

Placées en vigilance orange canicule, les Landes ont vu les températures dépasser les 40°C jeudi, près de la zone concernée.

D'autres régions du pays sont concernées par des feux.

À Guérande, près du littoral très touristique de la Loire-Atlantique, un feu de végétation, «fixé», a provoqué jeudi l'évacuation d'environ 2.000 campeurs, selon la préfecture.

Sur la côte du Pas-de-Calais (nord), les incendies qui sévissent depuis mercredi dans une zone naturelle et touristique étaient «contenus» jeudi soir mais toujours «non fixés», d'après les services de l'État. Trois pompiers ont été légèrement blessés.

AFP

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