Le pouvoir syrien met en garde contre les «actes de vengeance» visant des soutiens d'Assad
Un portrait du président syrien Bachar al-Assad, dont le cadre est brisé, est visible dans un bâtiment de la branche de la Sécurité politique du régime syrien, à la périphérie de la ville de Hama, dans le centre de la Syrie, après la prise de la zone par les forces antigouvernementales, le 7 décembre 2024. ©Omar Haj Kadour / AFP

Le ministère syrien de l'Intérieur a mis en garde lundi contre les «actes de vengeance» visant des personnes accusées de liens avec le régime du président déchu Bachar al-Assad, après des manifestations dans plusieurs régions réclamant justice.

Plusieurs villes de Syrie, dont Alep, Idleb, Deir ez-Zor, Raqqa et Hama, sont depuis plusieurs jours le théâtre de manifestations avec des slogans réclamant que les milices pro-régime chabbiha et les responsables de l'ancien pouvoir rendent des comptes.

Elles ont dégénéré dans certaines régions en attaques contre des personnes et leurs habitations à cause de leurs liens supposés avec l'ancien dictateur, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des témoignages d'habitants à l'AFP.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine al-Baba, a assuré lors d'une conférence de presse que le nouveau pouvoir en Syrie était déterminé à traduire en justice les auteurs de crimes commis sous Bachar al-Assad.

Mais «l'État refuse (...) que la demande de justice se transorme en acte de vengeance», a-t-il indiqué, précisant qu'elle devait passer par le système judiciaire.

Le département de lutte antiterroriste détient près de 6.000 membres des forces armées et des services de sécurité ayant opéré sous le président déchu, dont des dizaines d'officiers de haut rang, a-t-il ajouté.

«L’État est en retard» sur la question de la justice, incitant «le peuple (à demander) lui‑même des comptes aux (suspects)», estime Ousama Ossman, 38 ans, qui a pris part à une manifestation à al-Tal, dans les environs de Damas, lundi.

«Il n'y a pas de place pour les chabbiha ou les partisans de l'ancien régime» dans la nouvelle Syrie, a‑t‑il déclaré à l'AFP.

Selon des habitants, des dizaines de personnes ont pris part à cette manifestation.

Des menaces contre d'anciens chabbihas présumés ont été diffusées dans certaines villes, notamment à Lattaquié, bastion de la minorité alaouite à laquelle appartient la famille Assad.

Des vidéos ont également circulé sur les réseaux sociaux, de  personnes accusées de liens avec le régime d'Assad en train d'être battues dans la province d'Alep.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus d'un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes.

Après leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités islamistes ont procédé à plusieurs arrestations d'anciens responsables et promis justice pour les crimes du précédent pouvoir.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire