Israël coupe les contacts avec Kaja Kallas, lui reprochant d'avoir parlé d'«apartheid»
Israël a décidé de couper les contacts avec Kaja Kallas, estimant que ses propos qualifiant la situation d’« apartheid » sont inacceptables. Cette décision marque une nouvelle détérioration des relations diplomatiques entre les deux parties. ©Timothy A. Clary / AFP

Le ministre israélien des Affaires étrangères a annoncé jeudi la rupture des contacts avec la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas, lui reprochant d'avoir comparé son pays à l'ancien régime raciste sud-africain.

«Récemment, il a été rapporté que lors de sa visite au Mexique, elle avait comparé Israël au régime d'apartheid qui existait en Afrique du Sud», a écrit Gideon Saar sur son compte X:. «Toutefois, à l'heure actuelle, elle n'a publié aucun démenti, aucune clarification ou réponse au sujet de cette grave déclaration».

«En conséquence, en tant que ministre des Affaires étrangères de l'État d'Israël, je n'ai pas d'autre choix que de couper tous les contacts avec Mme Kallas tant qu'elle ne se sera pas rétractée», a-t-il ajouté.

Les relations diplomatiques entre Israël et l'Union européenne se sont détériorées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par une attaque du Hamas en octobre 2023, et en raison de violences commises par des colons israéliens en Cisjordanie occupée.

Selon le média Euractiv, Mme Kallas a prononcé ces déclarations lors d'une intervention à huis clos face à des responsables gouvernementaux du Mexique, en marge d'une visite dans ce pays le mois dernier.

«Assumez-les» 

Réagissant elle aussi sur X, la responsable européenne a insisté sur la nécessité du dialogue entre l'UE et Israël, sans commenter les accusations sur ses propos présumés.

«J'accorde de la valeur à notre dialogue et à notre engagement, et je suis prête à poursuivre dans cet esprit, respectueusement et constructivement», a-t-elle affirmé.

«L'UE est toujours engagée à une relation constructive avec Israël. Pour la paix au Moyen-Orient, la solution à deux États (israélien et palestinien, NDLR) est le seul chemin viable», a ajouté Mme Kallas, en rappelant que l'UE avait «condamné les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie qui rendent cette perspective de plus en plus difficile à atteindre».

Mais M. Saar a immédiatement rétorqué que sa décision «restera(it) inchangée» tant que la diplomate n'aurait pas dit si elle avait prononcé le mot «apartheid» ou pas.

«La situation est simple: si vous avez vraiment prononcé ces déclarations infâmes et diffamatoires, assumez-les», a-t-il lancé. «Si vous ne les avez pas dites, démentez-les. Tant que la lumière ne sera pas faite sur cette affaire, ma décision restera inchangée».

Ces échanges interviennent après que Mme Kallas a affirmé cette semaine qu'elle demanderait, à nouveau, que la Commission européenne, chargée de la politique commerciale dans l'UE, fasse une proposition en vue d'éventuelles sanctions à l'encontre des exportations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie.

Elle a aussi noté que plusieurs pays de l'Union avaient proposé des sanctions contre le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, mais qu'il n'existait pas de consensus au sein des 27 membres du bloc, alors qu'une telle mesure doit être prise à l'unanimité.

Ce ministre issu de l'extrême droite israélienne a déjà été interdit de séjour en France et en Irlande fin mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la «flottille pour Gaza» agenouillés et mains liées, qui a provoqué un tollé international.

AFP

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