L'Iran a affirmé mardi qu'il n'autoriserait pas les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à accéder aux principaux sites nucléaires bombardés l'an dernier par les États-Unis et Israël, alors que s'est achevé en Suisse un premier cycle de discussions destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Téhéran et Washington ont signé un protocole d'accord visant à mettre un terme au conflit, qui a plongé le Moyen-Orient dans le chaos et ébranlé l'économie mondiale. Les deux pays disposent désormais d'une période de 60 jours pour régler des questions plus larges, notamment le programme nucléaire iranien et l'allègement des sanctions.
Les efforts diplomatiques se sont intensifiés mardi : le président iranien s'est rendu au Pakistan, pays médiateur, tandis que le secrétaire d'État américain Marco Rubio a entamé une tournée dans les pays alliés du Golfe. Des discussions directes entre le Liban et Israël doivent également se tenir à Washington.
L'Iran a toutefois démenti les déclarations du vice-président américain JD Vance, selon lesquelles Téhéran aurait accepté le retour des inspecteurs de l'AIEA sur son territoire, après leur avoir interdit l'accès aux installations nucléaires visées lors de la guerre de douze jours menée l'an dernier.
«Nous n'avons eu aucune réunion avec le directeur général de l'AIEA et nous n'avons aucun projet d'inspection par l'agence des installations nucléaires iraniennes endommagées par l'agression militaire américaine et sioniste», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei.
Le président américain Donald Trump a néanmoins affirmé sur les réseaux sociaux que l'Iran avait accepté des inspections nucléaires complètes à long terme.
Lorsque Washington s'était joint à l'offensive israélienne contre l'Iran à la mi-2025, les installations nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan avaient été bombardées, notamment à l'aide de puissantes bombes anti-bunkers.
L'ampleur réelle des dégâts demeure inconnue, malgré les affirmations de Donald Trump selon lesquelles les sites auraient été «anéantis».
L'ambassadeur iranien auprès de l'ONU, Ali Bahreini, a également indiqué qu'aucune décision n'avait été prise concernant un éventuel retour des inspecteurs de l'AIEA.
Parallèlement, le principal négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que le détroit d'Ormuz «ne reviendra jamais» à la liberté de navigation qui prévalait avant la guerre, bien que les deux parties aient convenu de maintenir ouvertes les voies de communication afin de garantir le trafic maritime.
Selon la société spécialisée Kpler, 35 navires transportant des matières premières ont traversé lundi le détroit, un record depuis le début du conflit.
L'Iran et Oman ont annoncé mardi dans un communiqué conjoint qu'ils examineraient la future administration de cette route commerciale stratégique ainsi que les coûts des services qui y seront fournis, tout en réaffirmant leur souveraineté sur cette voie maritime.
Tourbillon diplomatique
Après les discussions en Suisse, Marco Rubio doit se rendre aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, trois pays visés par des attaques iraniennes durant la guerre, afin d'évoquer l'accord avec Téhéran et la situation dans le détroit d'Ormuz.
Les déclarations du chef de la diplomatie américaine seront particulièrement suivies, alors qu'il est resté relativement discret jusqu'à présent, laissant à JD Vance le soin de défendre publiquement l'accord.
Le président iranien Massoud Pezeshkian était quant à lui attendu mardi au Pakistan, accompagné du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Ce dernier et Mohammad Bagher Ghalibaf ont également rencontré à Oman le sultan Haïtham ben Tariq, qui a exprimé l'espoir d'un «règlement pacifique et définitif», selon les médias officiels omanais.
Les négociations lancées ce week-end au complexe hôtelier du Bürgenstock, en Suisse, ont ravivé les espoirs d'un accord durable et contribué à faire baisser les prix du pétrole.
Le Pakistan et le Qatar, qui jouent les médiateurs, ont indiqué que les deux parties avaient adopté une «feuille de route» en vue d'un accord final dans le délai de 60 jours prévu.
Quatre groupes de travail consacrés au nucléaire, aux sanctions et à d'autres dossiers doivent être mis en place, selon les médias iraniens.
Le Trésor américain a annoncé avoir temporairement suspendu certaines sanctions afin de permettre à l'Iran de produire, vendre et exporter du pétrole brut et des produits dérivés jusqu'à la mi-août.
Dans le cadre de l'accord, Washington aurait également accepté de débloquer 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés, selon les médias officiels iraniens.
JD Vance a toutefois assuré que ces fonds n'avaient pas encore été libérés et qu'ils ne serviraient pas à financer des activités terroristes.
Ali Bahreini a rétorqué que l'Iran serait «le seul pays» à décider de l'utilisation de ses avoirs.
Négociations sur le Liban
Un cinquième cycle de négociations entre responsables libanais et israéliens devait débuter mardi à Washington afin de tenter de mettre fin au conflit opposant Israël au Hezbollah.
Les affrontements entre Israël et le Hezbollah, qui ont entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars, ont à plusieurs reprises menacé les efforts de paix.
L'objectif des discussions est de «mettre définitivement fin au cycle de violence» et de «faire progresser un accord global de paix et de sécurité entre les deux pays», qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a indiqué à l'AFP un responsable du département d'État américain.
Malgré une baisse des hostilités depuis l'entrée en vigueur d'un nouveau cessez-le-feu au Liban, deux personnes ont été tuées mardi dans le sud du pays par des tirs israéliens alors qu'elles se trouvaient près d'une excavatrice utilisée pour dégager une route, selon les médias officiels.
Le Hezbollah a dénoncé une «violation flagrante» du cessez-le-feu.
AFP



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