Iran: refus d’accès de l’AIEA aux sites bombardés et contrôle exclusif de ses avoirs
Cette image satellite fournie par Maxar Technologies montre l'installation d'enrichissement nucléaire de Natanz, dans le centre de l'Iran, le 14 juin 2025, après qu'elle a été touchée par des frappes israéliennes. ©2025 Maxar Technologies / AFP

L’Iran n’a pas l’intention de permettre à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’inspecter ses sites clés bombardés par Israël et les États-Unis, a indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères.

À l’issue de pourparlers en Suisse entre l’Iran et les États-Unis sous médiation du Pakistan et du Qatar, le vice-président américain JD Vance a affirmé lundi que les Iraniens avaient «accepté d’inviter à nouveau les inspecteurs» de l’instance onusienne.

«Il s’agit d’une étape majeure» et «d’un premier pas vers la dénucléarisation définitive, c’est-à-dire l’arrêt définitif du programme d’armement nucléaire iranien», avait-il ajouté.

Mais Téhéran a réfuté avoir convié les inspecteurs de l’AIEA sur les principaux sites de son programme nucléaire, ciblés par des frappes israélo-américaines.

«Nous n’avons pas eu de réunion avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique», Rafael Grossi, a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

«Nous ne prévoyons pas non plus que l’Agence inspecte les installations nucléaires iraniennes endommagées par l’agression militaire américaine et sioniste», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse à Téhéran à laquelle a assisté l’AFP.

L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies à Genève, Ali Bahreini, a lui aussi démenti toute décision de ce type. «Il est trop tôt pour aborder ces questions», qui relèvent «de la prochaine étape» selon le protocole d’accord conclu la semaine dernière, a-t-il déclaré aux journalistes. Toute information à ce sujet est «erronée».

En juin 2025, lors de la guerre des 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran, les États-Unis avaient bombardé trois sites à Fordo, Natanz et Ispahan, le président américain Donald Trump se prévalant alors d’avoir «anéanti» le programme nucléaire du pays.

Le complexe de Natanz a été de nouveau visé lors du conflit lancé le 28 février.

L’étendue exacte des dégâts n’est pas connue et l’Iran invoque des questions de sécurité pour refuser l’accès aux sites.

En vertu d’une loi votée par le Parlement, l’Iran a suspendu en juillet 2025 sa coopération avec l’AIEA. Téhéran reprochait notamment à l’instance onusienne de ne pas avoir condamné l’offensive israélo-américaine.

L’Iran avait toutefois accepté en septembre 2025 d’accueillir de nouveau des inspecteurs, après s’être mis d’accord sur un nouveau cadre. Des membres de l’agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Ils n’ont cependant pas eu accès aux sites bombardés.

«Il n’existe, en substance, aucun protocole à cet égard», a réitéré mardi le porte-parole de la diplomatie iranienne.

L'Iran sera «le seul pays» habilité à décider de l'utilisation de ses avoirs débloqués

L’Iran sera «le seul pays» habilité à décider de l’utilisation de ses avoirs qui seront débloqués par les États-Unis, a affirmé mardi un haut responsable iranien.

«L’Iran est le seul pays à décider du sort des avoirs qui vont être débloqués» et «aucun autre pays ni aucune autre entité n’aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés par l’Iran», a déclaré l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, Ali Bahreini.

«Je rejette donc toute affirmation selon laquelle un autre pays aurait un rôle à jouer pour influencer ces décisions ou ces processus», a-t-il ajouté.

La question des avoirs iraniens s’inscrit dans le cadre du protocole d’accord signé la semaine dernière entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre. Celui-ci prévoit que les fonds et actifs iraniens gelés ou soumis à restrictions seront pleinement rendus disponibles dès la mise en œuvre de l’accord.

Le vice-président américain JD Vance, qui a participé dimanche aux pourparlers en Suisse, a évoqué lundi un possible mécanisme de contrôle visant à s’assurer que ces fonds ne financent pas le «terrorisme», laissant entendre que leur déblocage pourrait être conditionné à des contrats agricoles avec les États-Unis.

«Si des avoirs iraniens venaient un jour à être débloqués, ils serviraient à enrichir les agriculteurs américains tout en nourrissant le peuple iranien», avait-il déclaré.

L’Iran a, de son côté, indiqué avoir conclu en Suisse avec les États-Unis un accord prévoyant le déblocage «immédiat» de 12 milliards de dollars d’avoirs gelés. Ceux-ci seront libérés «en deux tranches de 6 milliards», selon le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, Kazem Gharibabadi.

L’ambassadeur iranien à Genève a précisé que ces avoirs devraient être débloqués «très prochainement», tout en reconnaissant que certaines dispositions techniques impliquent les États-Unis et le Qatar, une partie des fonds étant détenue dans ce pays.

«Les États-Unis et le Qatar ont un rôle à jouer, mais ce rôle se limite à ces aspects techniques du déblocage des avoirs», a indiqué Ali Bahreini.

«En revanche, l’Iran ne leur permet certainement pas d’exercer une influence plus large sur les autres processus, qui concernent l’achat et l’importation de matières premières. C’est une décision qui revient à l’Iran, et à lui seul», a-t-il martelé.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire