Au moins 37 navires transportant des matières premières ont franchi le détroit d’Ormuz lundi, un niveau record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon les données de la plateforme Kpler, près d’une semaine après la conclusion d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.
En ajoutant les porte-conteneurs, au moins 42 navires commerciaux ont traversé le détroit lundi, un record également, selon le fournisseur de données de navigation AXSMarine.
Ce trafic représente plus d’un tiers du niveau observé en temps de paix, où environ 120 navires franchissent quotidiennement ce passage stratégique pour le commerce mondial. En temps normal, près d’un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures y transitent, ainsi que d’autres matières premières essentielles.
Durant la guerre, du 1ᵉʳ mars au 14 juin, moins de dix navires de matières premières en moyenne traversaient chaque jour le détroit. Depuis le 15 juin, au lendemain de l’annonce de l’accord entre Washington et Téhéran, cette moyenne est montée à 21 navires par jour, puis à près de 28 au cours des cinq derniers jours.
Parmi les navires ayant franchi le détroit lundi figurent cinq méthaniers transportant du gaz naturel liquéfié (GNL), alors que leurs armateurs faisaient jusque-là preuve d’une grande prudence.
La présence de ces méthaniers «pourrait constituer l’un des signes les plus clairs à ce jour d’un début de normalisation du trafic», a indiqué Mihail Todorov, d’AXSMarine, à l’AFP.
Le détroit d’Ormuz a rouvert la semaine dernière à la suite d’un accord entre l’Iran et les États-Unis destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Toutefois, Téhéran avait annoncé samedi sa fermeture en réaction aux attaques israéliennes au Liban.
Depuis, l’Iran et les États-Unis se sont entendus sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et à sécuriser la navigation dans le détroit.
L’administration du détroit «ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre», a assuré mardi Mohammad Bagher Ghalibaf, représentant de l’Iran dans les négociations avec Washington, selon des propos rapportés par l’agence officielle Irna.
«L’Iran administrera» le détroit, a-t-il martelé.
Parallèlement, l’Iran a annoncé la mise en place de groupes de travail dans le cadre des discussions avec les États-Unis. Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, quatre groupes ont été créés pour travailler sur «la levée des sanctions», «le nucléaire», «la reconstruction et le développement économique» de l’Iran, ainsi qu’un groupe chargé du suivi des engagements pris par les deux parties.
L’équipe de négociateurs iraniens s’est par ailleurs rendue à Oman pour discuter spécifiquement de la gestion future du détroit d’Ormuz.
En attendant, la flotte de pétroliers iraniens, fortement ciblée par les sanctions et le blocus américain avant l’accord, peut de nouveau naviguer. Washington a autorisé jusqu’au 21 août «toutes les transactions» liées à la production, à la vente et au transport d’hydrocarbures d’origine iranienne.
AFP



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