Salam: pas de recul sur le monopole des armes
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Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé qu'il n'était pas question pour l'État de renoncer à l'objectif de réserver le port des armes aux seules institutions légitimes, tout en excluant toute volonté de confrontation avec le Hezbollah.

Dans un entretien accordé mercredi à la chaîne LBCI, il a déclaré que le gouvernement ne cherchait «pas l'affrontement avec le Hezbollah» et qu'il fallait au contraire «éviter un conflit armé interne». Il a toutefois assuré que les autorités ne céderaient «ni au chantage ni aux menaces de guerre civile» et qu'elles ne reviendraient pas sur le principe du monopole des armes par l'État.

Le chef du gouvernement a rappelé que ce principe ne constituait pas une nouveauté, soulignant qu'il figurait déjà dans l'accord de Taëf et dans la déclaration ministérielle sur la base de laquelle le gouvernement a obtenu la confiance du Parlement. Il a également rejeté toute remise en cause du rôle de l'armée libanaise, estimant que «s'en prendre à l'institution militaire constitue une seconde fitna» (discorde), reprenant une formule attribuée au chef du Parlement, Nabih Berry.

Retrait israélien et retour des déplacés

Abordant les négociations en cours avec Israël sous médiation américaine, Nawaf Salam a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un accord de paix ni d'un traité, mais d'un «cadre directeur» destiné à définir le déroulement des négociations en vue d'aboutir à un accord.

Selon lui, si ce cadre est appliqué, il devrait conduire au retrait israélien du territoire libanais, au retour des habitants déplacés vers leurs villages et au lancement du processus de reconstruction. «Notre objectif est de permettre aux habitants du Sud de rentrer chez eux et de mettre fin à l'hémorragie», a-t-il affirmé, rappelant que «la seconde guerre (de 2026) a fait plus de 5.000 morts dans ce que je considère comme une guerre de représailles liée à Khamenei».

Le chef du gouvernement a également souligné le coût humain et économique des conflits successifs. Selon lui, «la première guerre (de 2024) a causé des dégâts directs dépassant les 7 milliards de dollars, sans compter les pertes économiques estimées à environ 13 milliards».

Le Premier ministre a précisé que la priorité des prochaines sessions de négociations serait l'établissement d'un calendrier de retrait israélien. Il a indiqué qu'un premier retrait pourrait intervenir dans les prochains jours et concerner notamment les secteurs de Zawtar el-Gharbiyé, Zawtar el-Charqiyé et plusieurs autres localités. Il a ajouté qu'une deuxième zone, comprenant notamment Ghandouriyé et Froun, présentait une situation particulière, l'armée israélienne n'y étant pas présente avec des blindés mais exerçant, selon lui, un «contrôle par le feu».

M. Salam a également assuré que l'armée libanaise se déploierait dans chaque secteur évacué par les forces israéliennes afin d'y rétablir l'autorité de l'État. Il a indiqué que le gouvernement travaillait à rétablir, «dans un délai d'une dizaine de jours, environ 90% du réseau de télécommunications dans le Sud par rapport à sa capacité d'avant-guerre».

Parallèlement, a-t-il ajouté, les autorités prévoient la mise en place d'habitations préfabriquées dans les localités évacuées par l'armée israélienne afin de permettre aux habitants de «rester sur leurs terres dans l'attente de la reconstruction».

Un «cadre de négociation» et non un traité

Le chef du gouvernement a estimé que l'expression «accord-cadre» pouvait prêter à confusion, soulignant qu'il s'agissait avant tout d'un mécanisme destiné à organiser les négociations. Il a rappelé que le Liban était arrivé à cette étape après deux guerres ayant causé plusieurs milliers de morts et des pertes économiques considérables.

Il a également affirmé que l'accord de cessez-le-feu de 2024 ne faisait pas référence à un retour à l'accord d'armistice, ajoutant que la résolution 1701 n'y faisait allusion qu'une seule fois, à propos de la délimitation des frontières.

M. Salam a par ailleurs défendu le processus diplomatique engagé parallèlement aux discussions de cessez-le-feu menées dans le cadre du processus d'Islamabad. Il a rappelé avoir soutenu dès le premier jour les efforts visant à obtenir un arrêt des hostilités, tout en soulignant que «ceux qui ouvrent le feu sont ceux qui doivent l'arrêter», citant le Hezbollah et les Gardiens de la révolution iraniens.

Enfin, il a indiqué que le Liban poursuivait ses efforts pour documenter les violations du droit international humanitaire, notamment à travers les démarches entreprises par le vice-Premier ministre Tarek Mitri à Genève, estimant que ces éléments pourraient constituer un levier si les négociations venaient à s'enliser.

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