La coopération entre l'Inde et le Japon, dont les dirigeants ont annoncé jeudi leur intention de renforcer leurs liens dans les secteurs économiques stratégiques et les matériaux critiques, ne doit pas «viser» la Chine ni «nuire à (ses) intérêts», a averti Pékin vendredi.
«La coopération entre nations (...) ne doit ni viser des tiers ni nuire aux intérêts de tiers, et encore moins servir de prétexte pour former des cliques excluantes ou attiser la confrontation», a déclaré Guo Jiakun, porte-parole de la diplomatie chinoise.
Il était interrogé lors d'une conférence de presse régulière sur la rencontre entre le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue japonaise Sanae Takaichi, intervenue la veille à New Delhi.
«Nous sommes tombés d'accord pour renforcer la solidité de nos approvisionnements dans les secteurs stratégiques des semi-conducteurs, des technologies quantiques et des métaux rares», a déclaré M. Modi à l'issue de leurs discussions.
De son côté, Mme Takaichi a averti que le Japon et l'Inde étaient confrontés à des défis incluant «l'instrumentalisation de l'économie ainsi que des politiques et pratiques non fondées sur les règles du marché».
Le Japon et l'Inde, deuxième et troisième économies d'Asie, dépendent fortement de leurs importations de minéraux essentiels, notamment auprès de la Chine pour les terres rares indispensables à la fabrication des smartphones, des voitures électriques ou des missiles.
Or, cette rencontre intervient au moment où les tensions s'intensifient entre Pékin et Tokyo, depuis que Sanae Takaichi a suggéré en novembre dernier que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d'attaque chinoise sur Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.
En représailles, Pékin a durci ses contrôles sur les exportations vers le Japon d'articles chinois à double usage potentiel, et des médias japonais ont rapporté des restrictions sur les acheminements chinois de terres rares.
Plus tôt cette semaine, le ministère chinois du Commerce a imposé des contrôles à l'exportation visant 20 entreprises japonaises supplémentaires, accusées d'avoir contribué au renforcement des capacités militaires du Japon. Tokyo a jugé cette mesure «inacceptable et profondément regrettable».
AFP



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