L’Iran affirme avoir frappé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn après des raids américains
Images des frappes américaines sur Bandar Abbas, ville portuaire du sud-ouest de l'Iran. ©Amateur

Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé mercredi avoir frappé 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, en réponse aux frappes menées par les États-Unis contre des cibles iraniennes.

Selon un communiqué diffusé par la télévision d’État iranienne Irib, «en première riposte à cette agression, la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont mené une opération conjointe à l’aide de missiles et de drones, frappant 85 installations militaires américaines stratégiques» dans les deux pays.

Le communiqué affirme également qu’un drone américain MQ-9 a été abattu dans le sud de l’Iran.

«En représailles à l'agression de l'ennemi américain» contre l'Iran «et à la violation de l'accord», conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, «les drones de l'armée ont attaqué les forces ennemies américaines situées sur la base Cheikh Isa, a déclaré l'armée iranienne dans un communiqué relayé par l'agence officielle Irna, peu après que des explosions ont été entendues à Bahreïn.

Aucune réaction officielle américaine n’avait été communiquée dans l’immédiat concernant ces affirmations, ni sur les frappes revendiquées contre les installations américaines au Koweït et à Bahreïn, ni sur la destruction présumée du drone MQ-9.

Le Koweït annonce repousser des attaques

L’armée koweïtienne a indiqué mercredi que ses défenses aériennes étaient engagées contre des attaques de missiles et de drones.

«Les défenses aériennes du Koweït repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones hostiles», a déclaré l’état-major dans un message publié sur X, sans en préciser l’origine. Des sirènes d’alerte ont également retenti dans le pays.

Washington annonce avoir frappé plus de 80 cibles en Iran

Quelques heures plus tôt, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, en représailles aux tirs iraniens contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué publié sur X, le Centcom a indiqué que les forces américaines avaient visé des systèmes iraniens de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires ainsi que plus de 60 petites embarcations appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution islamique dans le détroit d’Ormuz et ses environs.

Téhéran promet une riposte «décisive»
À la suite des frappes américaines, le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les États-Unis d’avoir violé le protocole d’accord conclu entre les deux pays.

Dans un communiqué relayé sur Telegram par la télévision d’État Irib, le ministère a affirmé que «l’Iran adresse un sérieux avertissement quant aux conséquences de la violation du traité par les États-Unis et prendra des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale».
Le commandement militaire iranien a également dénoncé une «agression flagrante» contre le sud de l’Iran et promis une «réponse écrasante».

Un cessez-le-feu fragilisé

Cette nouvelle escalade intervient alors que le cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran devait ouvrir une période de 60 jours de négociations en vue d’un accord permanent.

Les discussions indirectes organisées au Qatar se sont toutefois achevées la semaine dernière sans avancée notable.

Lundi encore, le président américain Donald Trump avait averti que les bombardements pourraient reprendre.

«Nous allons soit conclure un accord, soit finir le travail... Nous pouvons détruire leurs ponts en une heure, nous pouvons anéantir leur approvisionnement énergétique», avait-il déclaré à la Maison Blanche.

Parallèlement, les autorités iraniennes poursuivent les cérémonies de deuil organisées après la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué dès le premier jour de la guerre avec sa fille, sa petite-fille, son gendre et sa belle-fille.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, qui se trouvait en Irak pour participer aux funérailles, est rentré en Iran après les frappes américaines contre le sud du pays, selon la télévision d’État iranienne.

Hausse du cours du pétrole

«Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis», avait déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l'anonymat, après la publication d'un document par le ministère des Finances interdisant les «nouvelles transactions» d'hydrocarbures iraniens à compter de mardi.

Dans ce contexte de tensions, le cours du baril de pétrole américain WTI avançait de 2,63 % à 72,29 dollars à l'ouverture des marchés asiatiques.

La navigation avait repris dans le détroit d'Ormuz à la suite de la signature du protocole d'accord, malgré quelques incidents.

Fin juin, accusant l'Iran d'avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s'étaient ensuite mis d'accord pour cesser ces hostilités.

L'Arabie saoudite a condamné mardi «le ciblage par la République islamique d'Iran du pétrolier saoudien Wedyan» qui transitait dans le détroit d'Ormuz, ainsi que celui «du méthanier qatari Al-Rakayyat», dénonçant «une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux».

Selon le Centcom, les navires ciblés sont l'Al-Rakayyat, battant pavillon des îles Marshall, le Wedyan, battant pavillon saoudien, et le Cyprus Prosperity, battant pavillon libérien.

Le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d'affaires iranien, exigeant «des explications sur cette attaque»; le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dénonçant une mise en cause «inacceptable» de la part du Qatar.

Sans les attribuer, l'agence UKMTO a également signalé mardi deux autres incidents: un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant «des dommages structurels», et un navire-citerne frappé par un drone d'origine inconnue.

L'Iran exclut, en dépit de l'opposition des États-Unis, tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes.

Cette montée des tensions intervient alors que l'Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, dont le corps vient d'arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.

Avec AFP

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