Le Parlement de transition en Syrie a tenu dimanche sa première séance, le président syrien Ahmad el-Chareh saluant un «nouveau chapitre» pour son pays qui sort d'une longue guerre civile.
Après son arrivée au pouvoir fin 2024 à la tête d'une coalition islamiste ayant renversé le président Bachar el-Assad, M. Chareh avait dissous l'Assemblée du peuple, simple chambre d'enregistrement pendant des décennies.
La Syrie ouvre «un nouveau chapitre de son histoire», a-t-il déclaré lors du discours d'ouverture, invitant les parlementaires à être «des modèles de responsabilité et de compétence, pour contribuer à établir une culture du dialogue, un État de droit et le respect des institutions».
Durant son mandat de deux ans et demi renouvelable, le Parlement devra former une commission chargée de rédiger la future Constitution, doter le pays d'un budget, proposer et amender des lois, tout en faisant face à des défis majeurs liés à l'affirmation de son indépendance et à la séparation des pouvoirs, selon les analystes.
M. Chareh avait proclamé en mars 2025 une Déclaration constitutionnelle fixant une période de transition de cinq ans, à l'issue de laquelle seront tenues des élections.
Le nouveau Parlement compte 210 sièges. Deux tiers des membres sont désignés par des comités locaux, mis en place par une haute commission, elle-même nommée par M. Chareh. Les 70 parlementaires restants sont nommés directement par le président syrien.
Des organisations de la société civile critiquent ce processus de désignation, dénonçant une concentration excessive des pouvoirs entre les mains de M. Chareh.
Elles relèvent également une représentation insuffisante des composantes ethniques et religieuses du pays, ainsi que des femmes.
Seuls 206 membres ont participé dimanche à la séance. Un parlementaire est décédé depuis sa désignation et la province de Soueïda, dans le sud, qui échappe au contrôle des autorités centrales, n'a toujours pas désigné ses membres.
Le président syrien a cependant désigné deux personnes de cette région, théâtre en juillet 2025 de violences ayant fait plus de 2 000 morts, majoritairement druzes, selon l'Observatoire syrien des droits humains, une ONG basée au Royaume-Uni mais disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie.
Les représentants des Kurdes, autre minorité du pays habitant principalement le nord-est de la Syrie, avaient été désignés en mai, plusieurs mois après la conclusion d'un accord sur l'intégration des Kurdes dans les institutions de Damas.
La Syrie a été le théâtre d'une guerre civile à partir de 2011, déclenchée par la répression de manifestations contre le pouvoir.
AFP



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