Le Liban et Israël ouvrent mardi à Rome un sixième cycle de négociations directes, sous médiation américaine. Les deux jours de pourparlers, les 14 et 15 juillet, interviennent trois semaines après la signature de l'accord-cadre du 26 juin à Washington, dans un Liban-Sud où le cessez-le-feu reste précaire et où des frappes israéliennes se poursuivent presque quotidiennement.
Une réunion civile
Seuls des responsables civils doivent prendre part à ce round, sans représentant militaire, selon une source israélienne citée par Haaretz. Le précédent round, à Washington, s'était pour sa part conclu le 26 juin par la signature de l'accord-cadre.
Israël sera représenté par son ambassadeur à Washington, Yechiel Leiter, le Liban par son ambassadrice à Washington, Nada Hamadeh Mouawad, et par le diplomate Simon Karam, ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis. La délégation américaine sera conduite par Dan Holler, conseiller du secrétaire d'État américain, Marco Rubio.
L'absence de représentants militaires, souligne Haaretz, laisse penser que la planification pratique d'un retrait israélien ou d'un déploiement supplémentaire de l'armée libanaise ne sera pas abordée à Rome.
L'armée libanaise reste associée en amont, via des réunions tenues à Yarzé avec une délégation militaire américaine arrivée le week-end dernier pour traduire, selon l'AFP, l'accord-cadre en étapes d'exécution concrètes. Ces réunions, rapporte Al-Diyar, ont réuni côté libanais le commandant en chef Rodolphe Haykal, le directeur des renseignements Toni Kahwaji et le directeur des opérations George Rizkallah ; selon le même quotidien, la partie libanaise s'y est dite prête à exécuter ce qui lui est demandé dans les zones pilotes, tout en détaillant les violations israéliennes du cessez-le-feu.
Le nœud des zones pilotes, toujours non résolu
L'essentiel du blocage porte sur le séquençage du retrait israélien dans les deux zones pilotes du Sud, où l'armée libanaise doit à terme prendre le relais. Interrogé par CBS News dimanche, l’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a expliqué que la poursuite du retrait dépendrait de la prise en charge complète de ces zones par l'armée libanaise, précisant qu'Israël pourrait se retirer dès que le Hezbollah serait démantelé.
De plus, une source israélienne a indiqué séparément à Haaretz qu'Israël ne devrait pas se retirer avant la tenue des réunions de Rome. Du côté libanais, un responsable cité par Al-Jazeera a affirmé que Beyrouth exigeait la mise en œuvre intégrale des engagements israéliens avant toute nouvelle session, et n'appuierait pas ce sixième round tant qu'Israël ne se serait pas retiré des deux zones concernées, un désaccord qui n'a apparemment pas empêché la tenue de la rencontre.
Selon Haaretz, le lancement de la première zone pilote, annoncé la semaine dernière comme imminent par un responsable américain, semble désormais retardé, même si des zones supplémentaires ont déjà été cartographiées. Selon des informations de la LBCI, la délégation libanaise, sur instruction du président Joseph Aoun, cherchera à Rome à obtenir la fixation d'un calendrier réunissant l'ensemble des conditions du lancement des zones pilotes : retrait de l'armée israélienne, redéploiement de l'armée libanaise et début de la reconstruction.
Selon une source sécuritaire citée par Al-Diyar, l'armée libanaise n'entrera dans aucune zone pilote avant un retrait israélien total de celle-ci, et le désaccord ne porte pas seulement sur le calendrier mais aussi sur le tracé même des zones, Israël exigeant des arrangements sécuritaires préalables tandis que le Liban réclame le retrait des secteurs effectivement occupés dans le Sud.
La même source estime que Washington ne se limitera pas à un rôle d'observateur mais visera celui de médiateur et de garant principal de l'exécution de l'accord.
L'ombre portée de la crise iranienne
Le climat régional pèse directement sur les calculs libanais. Selon Annahar, le président Joseph Aoun a fait part à ses visiteurs de sa crainte que la tension entre Washington et Téhéran ne se répercute de nouveau sur le Liban.
Cette inquiétude survient alors que les États-Unis et l'Iran échangent de nouvelles frappes et que les pourparlers entre Téhéran et Mascate se sont achevés dimanche sans percée, selon le ministère iranien des Affaires étrangères. Joseph Aoun s'efforce, selon Annahar, d'éviter une nouvelle escalade avant sa rencontre prévue le 21 juillet avec Donald Trump.
Une diplomatie européenne qui se recompose
Parallèlement au canal américain, une initiative franco-allemande a été annoncée le 11 juillet par le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, qui a indiqué au quotidien Der Tagesspiegel vouloir élaborer avec Paris une politique commune à l'égard du Liban afin d'augmenter les chances de paix au Proche-Orient, sans en préciser le contenu, les détails devant venir lors du conseil des ministres franco-allemand du 17 juillet.
Cette annonce intervient alors que le mandat de la Finul doit s'achever le 31 décembre 2026, avec un retrait échelonné sur un an.



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