Les États-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir leur blocus des ports
Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo partagée par le Commandement central américain sur la plateforme de réseaux sociaux X et diffusée par AFPTV le 13 juillet 2026, montrerait des frappes américaines contre des installations militaires iraniennes. © AFPTV / AFP

Les États-Unis ont mené, dans la nuit de lundi à mardi, une troisième vague consécutive de frappes contre des cibles militaires iraniennes, tandis que l’Iran a poursuivi sa riposte en visant notamment des installations américaines à Bahreïn et des navires transitant par le détroit d’Ormuz. Cette nouvelle escalade intervient à quelques heures de l’entrée en vigueur du rétablissement du blocus américain des ports iraniens et alors que le protocole d’accord conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran apparaît désormais largement compromis.

Une nouvelle série de frappes américaines

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a annoncé avoir achevé, à 22h15 (heure de l’Est américain) lundi, une mission de cinq heures contre plusieurs objectifs militaires iraniens.

Selon un communiqué publié sur le compte officiel du CENTCOM sur X, les frappes ont visé des installations situées à Bouchehr, Chabahar, Jask, Konarak, Abou Moussa et Bandar Abbas afin de «réduire davantage les capacités de l’Iran à attaquer le trafic maritime commercial».

Le commandement américain affirme avoir utilisé des munitions de précision contre «des systèmes de défense côtière, des sites de missiles et de drones ainsi que des capacités maritimes iraniennes». Plus de 50.000 militaires américains demeurent actuellement déployés au Moyen-Orient, selon la même source.

L’agence officielle iranienne Irna a rapporté que quatre explosions avaient été entendues près de Bandar Abbas, important port situé sur le détroit d’Ormuz.

La veille, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis frapperaient l’Iran «très fort ce soir et très fort demain», estimant que les dirigeants iraniens «ne peuvent absolument rien faire» pour empêcher ces opérations, rapporte l’AFP.

Bahreïn à nouveau visé

En réponse, les Gardiens de la révolution ont revendiqué une nouvelle série de frappes contre Bahreïn, troisième jour consécutif d’attaques iraniennes visant des intérêts américains dans les pays du Golfe.

Les autorités bahreïnies ont déclenché à trois reprises les sirènes d’alerte aux missiles en l’espace de quelques heures, appelant la population à rejoindre les abris.

Le ministère bahreïni de l’Intérieur a confirmé les alertes, tandis que l’armée du royaume a accusé Téhéran d’avoir ciblé des civils lors d’«attaques odieuses».

Les Gardiens de la révolution ont, de leur côté, affirmé avoir visé un radar Patriot américain, un radar de contrôle aérien de la Ve flotte américaine ainsi que d’autres installations militaires à Bahreïn. Ces affirmations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Deux pétroliers émiratis frappés dans le détroit d’Ormuz

La tension s’est également accrue dans le détroit d’Ormuz.

Les Émirats arabes unis ont annoncé que deux pétroliers battant pavillon émirati, le Mombasa et l’Al Bahiyah, avaient été touchés par des missiles de croisière iraniens alors qu’ils naviguaient dans les eaux territoriales omanaises.

Selon le ministère émirati de la Défense, l’attaque a coûté la vie à un marin indien et fait huit blessés. Les deux navires ont pris feu avant que les incendies ne soient maîtrisés.

Les Gardiens de la révolution ont revendiqué cette attaque, affirmant que les deux pétroliers avaient «ignoré plusieurs avertissements» et avaient choisi de traverser une zone minée.

Washington prépare le rétablissement du blocus

Cette nouvelle escalade intervient alors que les États-Unis doivent rétablir, mardi à 20h00 GMT, le blocus des ports iraniens.

Donald Trump a également annoncé que Washington entendait garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, tout en imposant une redevance correspondant à 20 % de la valeur des cargaisons transitant par cette voie stratégique.

Une proposition immédiatement tournée en dérision par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

«L’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours», a-t-il écrit sur X.

Ironisant sur la proposition américaine, il a ajouté: «20 %, c’est évidemment trop. Nous serons équitables.»

L’Organisation maritime internationale (OMI) a rappelé que la navigation dans le détroit d’Ormuz «devait demeurer libre de tout péage ou redevance conformément au droit international».

Le protocole d’accord en péril

Sur le plan diplomatique, les perspectives d’apaisement continuent de s’éloigner.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a reconnu que le protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran «traverse une crise».

«L’Iran n’a jamais été le premier à violer ses engagements», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Téhéran, selon l’AFP.

Il a ajouté que les consultations avec les médiateurs – le Qatar, Oman et le Pakistan – se poursuivaient afin de prévenir une nouvelle escalade.

Le protocole d’accord, signé le 17 juin après plusieurs semaines de négociations, prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, mais les hostilités ont repris après des attaques contre plusieurs navires marchands au début du mois.

La Maison Blanche a confirmé à l’AFP que Donald Trump avait officiellement notifié au Congrès la reprise du conflit avec l’Iran.

La Jordanie intercepte des missiles

La Jordanie a annoncé avoir intercepté quatre missiles lancés par l’Iran.

La veille, Téhéran avait affirmé avoir frappé la base aérienne Prince Hassan, qui accueille des forces américaines dans le nord-est du royaume. Amman avait toutefois démenti cette information.

Par ailleurs, la coalition soutenue par l’Arabie saoudite au Yémen a indiqué avoir intercepté plusieurs missiles balistiques tirés par les rebelles houthis en direction du sud du royaume, dans un contexte de nouvelles tensions autour de l’aéroport de Sanaa.

Selon un décompte de l’AFP établi à partir de sources officielles iraniennes et des médias d’État, 25 personnes ont été tuées en Iran depuis la reprise des bombardements mercredi dernier.

Avec AFP

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