Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé mardi avoir abattu un drone de reconnaissance saoudien, au lendemain des premières attaques réciproques entre les deux camps après plusieurs années de trêve au Yémen.
Les militants yéménites «ont réussi à abattre un appareil de reconnaissance ennemi saoudien de type Wing Loong II alors qu'il menait des missions hostiles à l'aube, ce jour» dans le centre du pays, a déclaré le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans un communiqué.
Lundi, les Houthis avaient tiré des missiles et des drones contre l'aéroport international d'Abha, dans le sud du royaume.
Ces frappes constituaient une riposte à une attaque du gouvernement yéménite, soutenu par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, contre l'aéroport de la capitale Sanaa, aux mains des militants yéménites.
Le gouvernement cherchait ainsi à empêcher l'atterrissage d'un avion iranien transportant une délégation houthie de retour de Téhéran, où elle avait assisté la semaine dernière aux funérailles de l'ancien guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre.
Les Houthis ont accusé Ryad d'avoir mené l'attaque.
L'espace aérien yéménite reste contrôlé par la coalition, obligeant les compagnies aériennes à obtenir son autorisation préalable pour atterrir.
Les Houthis semblent toutefois avoir remis en cause cet arrangement en organisant des vols directs entre l'Iran et Sanaa, suscitant la colère des autorités et de leur allié saoudien.
Cette reprise des hostilités constitue l'épisode le plus grave entre les deux camps depuis des années, et menace la trêve négociée par l'ONU en 2022.
Elle marque «la fin de la phase de désescalade et du cessez-le-feu et le début de la guerre», a jugé le ministère houthi des Affaires étrangères.
Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad al-Alimi, a toutefois dit avoir demandé à son camp de ne pas étendre la confrontation.
La guerre au Yémen a fait depuis plus d'une décennie des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans l'une des pires crises humanitaires au monde, selon l'ONU.
AFP



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