Les forces allemandes participeront «dès cette année» à un exercice nucléaire français, a annoncé vendredi le chancelier Friedrich Merz, dans un geste symbolique en faveur d'une «dissuasion européenne» que Berlin et Paris souhaitent renforcer.
«L'Allemagne et la France approfondissent leur coopération en matière de défense. Nous renforçons la dissuasion européenne. Dès cette année, nous prendrons part à un exercice nucléaire des forces armées françaises», a déclaré le dirigeant allemand sur X, à l'issue du conseil des ministres franco-allemand tenu à Brühl, près de Cologne.
La présence d'un Rafale des forces stratégiques françaises sur la base aérienne de Nörvenich, où Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron ont présidé vendredi matin un conseil commun de défense et de sécurité, «marque la première étape opérationnelle» de cette coopération, ont indiqué les deux dirigeants dans une déclaration commune.
Dans un discours prononcé le 2 mars, Emmanuel Macron avait présenté le concept de «dissuasion avancée», associant huit pays européens, mais «sans aucun partage de la décision ultime» concernant l'emploi de l'arme nucléaire, qui demeure une prérogative exclusive du président français.
Ce dispositif permet aux pays partenaires de participer aux exercices nucléaires français avec des moyens conventionnels et autorise la France à déployer temporairement des avions Rafale capables d'emporter l'arme nucléaire.
Les partenaires de Paris pourraient contribuer à la dissuasion dans trois domaines: l'alerte avancée, notamment grâce aux radars, les frappes en profondeur et la défense antimissile.
Afin de garantir la crédibilité de sa dissuasion, la France organise quatre fois par an l'exercice «Poker», une opération aérienne d'une dizaine d'heures simulant un raid nucléaire à très basse altitude et à très grande vitesse face à une force adverse.
Des responsables britanniques ont déjà assisté, pour la première fois, à un exercice Poker en décembre.
«Cette coopération vient compléter, sans s'y substituer, la dissuasion nucléaire de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan)», soulignent Paris et Berlin, un point sur lequel l'Allemagne insiste régulièrement.
Elle «contribuera à renforcer la dissuasion en Europe et à accroître la sécurité» du continent, tout en respectant les «obligations juridiques internationales des deux pays», ajoutent les deux capitales.
Par ailleurs, après l'échec du projet commun d'avion de combat du futur (Scaf), les deux pays sont convenus de travailler à «un standard commun pour assurer l'interopérabilité» de l'ensemble des systèmes de combat aérien, des drones aux avions de chasse.
Selon Emmanuel Macron, Paris et Berlin ont «tiré une conséquence» de «l'échec du Scaf» en réorientant leur stratégie de défense commune vers des projets «beaucoup plus resserrés», impliquant un rapprochement plus étroit entre responsables politiques et industriels afin de «ne pas laisser dériver» ces programmes.
AFP



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