L’Ordre de Malte Liban soutient les agriculteurs de Jezzine
L’Ordre de Malte Liban, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture a lancé une initiative agricole et humanitaire au sein de son Centre agricole humanitaire de Kfarfalous (caza de Jezzine) ©ANI

L’Ordre de Malte Liban, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture a lancé une initiative agricole et humanitaire au sein de son Centre agricole humanitaire de Kfarfalous (caza de Jezzine). L’objectif est de soutenir les éleveurs de bovins et de bétail ainsi que les familles agricoles de la région par la distribution d’aliments spécialisés pour animaux et d’intrants agricoles, afin de renforcer leur résilience, de consolider la sécurité alimentaire et de préserver les moyens de subsistance en milieu rural.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre le ministère de l’Agriculture et l’Ordre de Malte Liban, engagé depuis le lancement du programme agricole humanitaire en 2021. Selon les organisateurs, cette coopération a permis de mettre en œuvre des programmes de développement et d’assistance couvrant près de 70% des terres agricoles et bénéficiant à environ 15.000 agriculteurs à travers le pays.

L’activité est réalisée dans le cadre du programme AHEAD, conçu et mis en œuvre par l’Ordre de Malte Liban, avec le soutien de Malteser International et un financement du ministère allemand des Affaires étrangères. Ce programme vise à renforcer la résilience des communautés rurales face aux difficultés économiques et aux conséquences de la guerre.

À cette occasion, le ministre Nizar Hani a rencontré les agriculteurs bénéficiaires, écouté leurs préoccupations et visité les différentes sections du Centre agricole humanitaire afin de s’informer sur les services et programmes proposés au secteur agricole et à l’élevage dans la région.

Dans son discours, le ministre a souligné que cette opération dépassait le simple cadre d’une distribution d’aliments pour animaux. «Ce qui se déroule aujourd’hui à Kfarfalous fait partie d’une réponse nationale intégrée menée par le ministère en coopération avec ses partenaires afin de protéger les moyens de subsistance des agriculteurs, de préserver la continuité de la production agricole et de renforcer la résilience des communautés rurales face aux crises», a-t-il déclaré.

Hani a rappelé que la dernière guerre avait lourdement affecté le secteur agricole, avec environ 22,5 % des terres cultivées endommagées, ainsi que d'importants dégâts aux infrastructures agricoles, aux élevages, aux apiculteurs, aux pêcheurs et aux agriculteurs des zones touchées. Il a indiqué que le ministère avait lancé, dès les premiers jours du conflit, un plan d’intervention en coordination avec le réseau des partenaires agricoles afin de fournir des aides financières et matérielles et d’assurer la continuité de la production ainsi que des chaînes d’approvisionnement alimentaire.

Le ministre a expliqué que la distribution d’aliments pour bétail vise à alléger les charges pesant sur les éleveurs, à préserver les troupeaux et à garantir la production de lait et de viande, considérée comme un pilier de la sécurité alimentaire nationale.

Il a également présenté le programme de relèvement du secteur agricole mis en œuvre par le ministère, qui comprend notamment la réhabilitation des réseaux d’irrigation, des ressources en eau, des réservoirs et bassins agricoles, des serres et des infrastructures de production endommagées. Ce plan prévoit aussi le renforcement des services de vulgarisation agricole, le transfert de technologies modernes et une meilleure gestion des ressources naturelles afin de bâtir un secteur plus résilient et durable face aux défis climatiques et économiques.

Le ministre a par ailleurs salué l’adoption de la loi sur la pêche maritime et l’aquaculture, qu’il a qualifiée d’étape majeure dans la modernisation de la législation agricole et maritime. Selon lui, cette loi favorisera une gestion durable des ressources marines, protégera la pêche artisanale, soutiendra les coopératives et encouragera le développement responsable de l’aquaculture dans le cadre du renforcement de la sécurité alimentaire et de l’économie bleue.

«La vision du ministère consiste à passer d’une logique de gestion des crises à la construction d’un secteur agricole moderne et durable, capable de créer des emplois, de soutenir le développement rural et de renforcer la sécurité alimentaire, en partenariat avec les institutions nationales, internationales et les bailleurs de fonds», a-t-il affirmé.

De son côté, le président de l’Ordre de Malte Liban, Marwan Sehnaoui, a réaffirmé l’engagement de son organisation envers les agriculteurs libanais. «Les soutenir n’est pas seulement un devoir, mais un engagement durable afin de leur permettre de rester sur leurs terres et de poursuivre leur production malgré les difficultés», a-t-il déclaré, estimant qu’ils constituent «le pilier de la vie dans les campagnes libanaises».

Le directeur du programme agricole humanitaire de l’Ordre de Malte Liban, l’ingénieur Adel Ghandour, a expliqué que l’initiative vise à renforcer la résilience des éleveurs et des familles agricoles de Kfarfalous et des localités voisines en leur fournissant les intrants essentiels nécessaires au maintien de la production agricole et animale, tout en contribuant au redressement économique et social des communautés locales.

Présent au Liban depuis plus de 70 ans, l’Ordre de Malte Liban gère aujourd’hui 64 projets grâce à un réseau d’environ 600 employés et de centaines de bénévoles. Son action dans le sud du Liban, notamment dans le caza de Jezzine depuis plus de 45 ans, s’appuie sur des centres de santé et sociaux, un centre médical mobile, une cuisine sociale mobile ainsi que le Centre agricole humanitaire de Kfarfalous.

 

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