Marchés mondiaux: le Brent s'envole au dessus des 90 dollars, les Bourses reculent
Des piétons passent devant un panneau électronique affichant l’indice Nikkei à la Bourse de Tokyo, le 17 juillet 2026. ©PHILIP FONG / AFP

 

Les prix du pétrole poursuivent leur hausse lundi, avec un baril de Brent au-dessus des 90 dollars pour la première fois depuis juin, en raison de la poursuite des frappes au Moyen-Orient entre Washington et Téhéran et du blocage du stratégique détroit d'Ormuz.

Vers 7H10 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le marché mondial, atteignait ainsi 90,90 euros, en hausse de 3,18%, après un pic à 91,42 dollars dans la nuit (un plus haut depuis le 11 juin).

Son équivalent américain, le WTI, prenait 2,72% à 84,73 dollars, et a atteint un plus haut depuis le 12 juin, à 85,39 dollars.

«Le conflit au Moyen-Orient s’est nettement intensifié, et la dernière vague d’attaques mutuelles illustre la rapidité avec laquelle la situation se détériore», résument les analystes de la Deutsche Bank.

Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils avaient mené des frappes sur l'Iran pour la neuvième nuit consécutive, dans la nuit de dimanche à lundi. Téhéran a riposté une nouvelle fois par des attaques dans le Golfe.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise des hostilités. Et Washington a réimposé en retour son blocus des ports iraniens.

Dans ce contexte, les marchés semblent définitivement tourner le dos à l'espoir d'une paix durable dans la région après le protocole d'accord signé par les deux pays le 17 juin, ce qui avait fait reculer les prix du pétrole.

Et «l'intensification des tensions (...) ravive les craintes inflationnistes», relève John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt des dettes d'État européennes, déjà à des niveaux élevés, poursuivent leur course en avant.

Le rendement à échéance dix ans de l'emprunt allemand, référence en Europe, atteignait vers 7H10 GMT 3,15%, contre 3,12% vendredi.

Son équivalent français se hissait à 3,95%, se rapprochant dangereusement du seuil symbolique de 4,00%, un niveau pas atteint depuis 2009. Le rendement italien à dix ans grimpait lui à 3,98%, contre 3,94% en fin de semaine dernière.

Le dollar, valeur refuge et monnaie internationale sur le marché pétrolier, restait en revanche stable (+0,01%), face à la monnaie unique européenne à 1,1438 dollar pour un euro. L'or était stable (-0,33% à 4.004,24 dollars).

Morosité sur les Bourses, doutes sur l'IA 

Dans ce contexte, les marchés boursiers européens évoluaient en léger recul, dans les premiers échanges, vers 7H10 GMT. Paris cédait 0,22%, Francfort 0,19%, Londres 0,51% et Milan 0,35%.

«Le week-end écoulé n’a pas vraiment apporté de nouvelles positives susceptibles de doper l’appétit d’achat des investisseurs», justifie Andreas Lipkow, de CMC Markets.

Les places financières sont aussi secouées depuis plusieurs jours par un mouvement de vente important des valeurs du secteur des semi-conducteurs, qui bénéficient des investissements massifs des géants de la tech pour développer l'IA.

Les investisseurs doutent en effet de plus en plus de la rentabilité future de ces dépenses et des valorisations boursières gigantesques de ces entreprises, qui ont soutenu les marchés d'actions depuis mars.

L'indice coréen Kospi, baromètre de la confiance des marchés sur ces thématiques, a perdu 4,46%, avec un recul des deux poids lourds du secteur, SK hynix (-4,23%) et Samsung Electronics (-4,31%). Taipei a cédé 0,52%.

Vendredi, le lancement d'un modèle d'IA de la société chinoise Moonshot AI a accentué les doutes, car il constituerait une alternative moins coûteuse que les modèles américains, remettant en question ces investissements.

En revanche, cette annonce relance l'attrait pour la tech chinoise, ce qui profite à la Bourse de Hong Kong (+2,07%), avec une hausse des géants de la tech Baidu (+2,63%), Tencent (+3,68%) et Alibaba (+3,73%).

AFP

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