Deux semaines après la reprise des hostilités avec les États-Unis, l'Iran intensifie ses attaques
Cette capture d'écran, tirée d'une vidéo partagée par le Commandement central américain sur la plateforme de réseaux sociaux X et diffusée par AFPTV le 13 juillet 2026, montrerait des frappes américaines contre des installations militaires iraniennes. ©AFPTV / AFP

Deux semaines après la reprise des hostilités avec les États-Unis, l'Iran a intensifié mardi ses attaques au Moyen-Orient dans ce qui est désormais une «guerre totale», selon Téhéran, et le conflit menace de s'étendre à la mer Rouge.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses soutiens yéménites, les rebelles houthis, veulent entraver le trafic en mer Rouge au départ et à destination des ports saoudiens, comme pendant la guerre de Gaza, lorsqu'ils avaient mené des attaques de drones et de missiles dans la zone.

Ils ont annoncé lundi «un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel», allié de Washington dans la région, «selon le principe ‘œil pour œil’, avec effet immédiat».

Cette opération accentuerait la pression sur l'économie saoudienne et les marchés mondiaux, en coupant au royaume l'accès à ses ports de la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Avec, selon les experts, le risque d'une perturbation de la circulation dans le détroit de Bab el-Mandeb, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

«Une crise simultanée à Ormuz et à Bab el-Mandeb produirait un choc bien plus important que l'un ou l'autre blocus pris isolément», relève Andreas Krieg, expert en sécurité au King's College de Londres.

Car, de l'autre côté de la péninsule Arabique, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires.

En conséquence, les cours du pétrole ont atteint lundi un plus haut depuis plus d'un mois, avant d'accuser une légère baisse mardi, à 88,18 dollars le baril de Brent, référence sur le marché mondial.

«Payer le prix»

Ces tensions autour d'Ormuz ont relancé les hostilités le 7 juillet et, depuis, les bombardements ont atteint un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril, brisant le protocole d'accord signé à la mi-juin pour mettre fin à la guerre déclenchée par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

L'Iran, qui, selon son président, fait face à une «guerre totale» de la part des États-Unis, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars, au centre du pays, selon l'agence locale Mehr.

Le spectre des bombardements américains dépasse désormais largement les régions auxquelles ils étaient cantonnés dans un premier temps, près du Golfe.

«À chaque fois que l'Iran tue un soldat américain, ils vont en payer le prix plusieurs fois», a averti lundi Donald Trump sur son réseau Truth Social, alors que trois militaires américains sont morts en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi fait état d'au moins 50 morts et de plus de 500 blessés depuis la reprise des combats.

Attaques «plus puissantes»

En représailles, Téhéran frappe des alliés des États-Unis dans le Golfe et en Jordanie, mais aussi en Syrie et en Irak.

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, qui abrite la Cinquième flotte américaine, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé mardi avoir détruit deux systèmes de défense antiaérienne et une installation radar sur deux avant-postes américains à Bahreïn, ainsi que des dispositifs de missiles défensifs et des systèmes de réception radar et satellite au Koweït.

«L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes», ont-ils averti dans un communiqué diffusé par l'agence officielle Irna.

Le Koweït a par ailleurs accusé l'Iran d'avoir attaqué lundi des centrales électriques et des sites de dessalement d'eau, après des attaques similaires ces derniers jours.

Aucune avancée diplomatique concrète ne se profile pour l'instant, malgré la visite à Islamabad, médiateur du conflit, du ministre iranien de l'Intérieur, Eskandar Momeini, pour une rencontre avec le Premier ministre, le chef d'état-major de l'armée et son homologue pakistanais.

Israël n'a pas pris part aux frappes pour l'instant, alors que, sur le front libanais, l'accalmie persiste depuis la mi-juin et que le président Joseph Aoun doit être reçu par Donald Trump à Washington mardi.

AFP

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