Les marchés mondiaux prudents face à la hausse des prix de l'énergie
Des piétons passent devant un panneau électronique affichant l’indice Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo, à Tokyo, le 22 juillet 2026 ©PHILIP FONG / AFP

Les marchés mondiaux sont tiraillés mercredi entre les craintes ravivées par la remontée des prix de l'énergie sur fond de tensions au Moyen-Orient et un petit regain d'optimisme autour de l'intelligence artificielle, en attendant les publications trimestrielles des géants du secteur.

«Les marchés tentent actuellement de faire coexister deux récits: le soulagement autour de l'intelligence artificielle et l'inquiétude liée au pétrole», commente Patrick Munnelly, stratégiste de marché chez Tickmill Group.

Elles évoluaient autour de l'équilibre dans les premiers échanges: la Bourse de Paris glissait de 0,08%, Francfort perdait 0,04%, Londres 0,13% et Milan 0,17%.

Les places européennes ne profitent que marginalement de la petite reprise du secteur tech, y étant largement moins exposées que l'Asie ou les États-Unis et restent très exposées aux coûts de l'énergie.

Le pétrole poursuit sa hausse

Le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, évolue désormais au-delà des 92 dollars le baril, «ce qui montre peu de signes d'accalmie sur le marché pétrolier», constate Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, «alors que les frappes entre les États-Unis et l'Iran ne montrent aucun signe d'apaisement et qu’aucun progrès concret vers un accord de paix n'est visible».

Les États-Unis ont en effet de nouveau bombardé l'Iran, où une alerte aérienne a été déclenchée mercredi à Téhéran. Donald Trump a averti qu'il n'en avait «pas fini» avec la guerre.

Vers 07H15 GMT, le Brent gagnait 2,59% à 93,37 dollars le baril, quand celui de WTI, son équivalent américain, prenait 2,61% à 86,54 dollars.

«En l'absence d'accord en perspective, les investisseurs ont donc commencé à intégrer l'hypothèse d'un choc d'approvisionnement plus durable», résume M. Reid.

Côté valeurs, le géant énergétique norvégien Equinor (+0,85% à la Bourse d'Oslo) a publié mercredi un bénéfice net trimestriel multiplié par 3,7, à 4,8 milliards de dollars.

Comme ceux de ses pairs en Europe (TotalEnergies qui prenait 0,87% à Paris, BP qui gagnait 0,51% et Shell 0,69% à Londres), les résultats d'Equinor sont dopés par l'envolée du prix des hydrocarbures déclenchée par la guerre au Moyen-Orient.

Le prix du gaz ravive les craintes inflationnistes

En parallèle de la hausse du pétrole, «les craintes inflationnistes ont été accentuées par la poursuite de la progression des prix du gaz naturel», qui évolue actuellement à son plus haut niveau en Europe depuis mars, souligne Jim Reid.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz naturel, s'affichait à plus de 60 euros le mégawattheure vers 07H15 GMT.

Sur le marché de la dette, le coût de l'emprunt des États européens «a été pénalisé par la hausse persistante des prix du pétrole et du gaz», note M. Reid.

Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, est remonté à près de 3,18% contre 3,16% mardi à la clôture. Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à plus de 3,98%, au plus haut depuis 2009, contre près de 3,96% mardi soir.

La tech chahutée

Les investisseurs tentent par ailleurs de reprendre «confiance dans le thème de l'intelligence artificielle, tout en attendant avec prudence les résultats très attendus d'Alphabet et de Tesla» mercredi, «qui donneront le ton de la saison des publications des géants de la technologie», relève John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank.

Le géant des microprocesseurs Intel suivra jeudi. Les résultats des géants Microsoft, Meta, Apple et Amazon paraîtront la semaine prochaine.

Après ces premières grandes publications, «nous devrions avoir une idée plus précise de la capacité des indices américains fortement pondérés en valeurs technologiques à poursuivre leur progression, grâce à une solide croissance des bénéfices, malgré les vents contraires géopolitiques», estime Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.

À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 0,17%, inversant la tendance après avoir évolué en hausse une partie de la séance. À Séoul, l'indice Kospi a progressé de 0,74%, effaçant l'essentiel de ses gains après avoir bondi d'environ 6% en séance.

La Bourse de Taipei a monté de 1,34%, Sydney de 0,34%, et l'indice hongkongais Hang Seng cédait en revanche 1,13% dans les derniers échanges.

Côté valeurs, à Séoul, Samsung Electronics a terminé en hausse de 2,22% après avoir grimpé de plus de 5%, et SK hynix a finalement gagné 1,25% après s'être envolé de 8%.

AFP

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