Les cours du pétrole accélèrent leur baisse vendredi avant le week-end après s'être envolés cette semaine, dans un marché relativisant la situation en mer Rouge que les Houthis du Yémen assurent ne pas vouloir paralyser malgré des attaques jeudi.
Vers 15H45 GMT (17H45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, perdait 4,85% à 95,88 dollars, après avoir perdu plus de 5% en tombant jusqu'à 95,13 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, chutait de 4,23% à 88,29 dollars.
«Il n'y a pas de fermeture de Bab el-Mandeb, comme certains le suggèrent», a déclaré Mohammed Abdusalam, un négociateur du groupe houthi, ajoutant qu’ils se limiteraient à «un blocus n'affectant que la partie saoudienne».
D'ailleurs, «certains navires transportant du pétrole saoudien traversent encore le détroit de Bab el-Mandeb», explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste d'UBS.
Ces passages signifient que «pour l'instant, il ne s'agit pas d'un blocus total», ce qui réduit un peu le risque sur l'approvisionnement mondial de pétrole, précise-t-il.
De plus, les cours du brut sont tellement montés, et ceux de l'essence avec, que les investisseurs «se demandent si Donald Trump ne va pas chercher un moyen d'apaiser le marché», note auprès de l'AFP John Plassard, analyste chez Cité Gestion.
Les investisseurs seraient donc plus prudents avant le weekend, pendant lequel les échanges sont fermés. En cas de cessez-le-feu, même partiel, les cours pourraient tomber très rapidement comme cela avait été le cas en juin.
Cependant, «si les perturbations se poursuivent, les prix du pétrole ont plus de chances d'augmenter davantage qu'au début du conflit», affirme Janiv Shah, analyste chez Rystad Energy.
Les réserves stratégiques utilisées pour limiter l'impact de la guerre diminuent et les capacités de production inutilisées ont déjà été mobilisées, «laissant au marché moins de marge de sécurité», ajoute-t-il.
L'évolution de la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb, qui assure le passage entre l'océan Indien et la mer Rouge, est cruciale. Sa fermeture impliquerait «plusieurs millions de barils retardés et une augmentation des prix», met en garde M. Plassard.
AFP



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