Incendies hors de contrôle en France et en Espagne: plus de 175.000 évacuations
Un homme combat un incendie dans l'entreprise de parquets en bois Parquets Luz à El Tiemblo, à 80 km à l'ouest de Madrid, le 25 juillet 2026, au milieu des feux de forêt qui ont ravagé jusqu'à 25 000 hectares. ©CESAR MANSO / AFP

Les incendies en Espagne et en France restent hors de contrôle samedi et ont forcé l'évacuation de plus de 175.000 personnes près de Madrid et de la grande ville française de Bordeaux, où les autorités ont décidé de déployer un avion de transport militaire.

L'envoi de l'A400M, équipé dans sa soute d'un kit de largage, n'était prévu initialement qu'à la fin du mois le temps de terminer sa préparation.

Dans cette région, connue dans le monde entier pour son vignoble, les feux ont entraîné à ce stade au moins 141.000 évacuations depuis mercredi soir, dont 110.000 personnes dans le département de la Gironde et 31.000 dans les Landes voisines.

Les autorités ont ordonné l'évacuation totale, par la route mais aussi par bateau, de la très touristique presqu'île française du Cap-Ferret, près de Bordeaux.

Environ 3.500 personnes évacuées du bassin d'Arcachon et de communes proches de Bordeaux étaient hébergées samedi matin au parc des expositions de Bordeaux transformé en centre d'accueil, selon la métropole.

Dans un immense hangar près de la ville, Chantal Espeleta, 79 ans, habitante d'Andernos-les-Bains, sur la rive nord du Bassin d'Arcachon, s'exclame: «on a fait quatre heures de route, il y avait des bouchons partout». Plusieurs sont venus avec leurs animaux.

«On n'avait personne pour nous loger», raconte Caroline Larrode, 49 ans, qui a quitté précipitamment sa maison à Saumos, vendredi, sur ordre des gendarmes, avec Nénette, Poupette et Tina, ses chats.

Le nombre de militaires déployés «en appui des sapeurs-pompiers» va passer de 500 à 1.000, a annoncé vendredi soir le Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une cellule interministérielle de crise.

«Sauver des vies»

Les flammes ont déjà parcouru plus de 22.000 hectares, soit le double de la superficie de Paris, et détruit 100 bâtiments, ont indiqué les autorités à propos du "plus gros feu de la saison".

Les automobilistes ont été appelés à éviter la Gironde et à laisser les «routes libres pour les secours», alors que la journée de samedi est classée rouge (circulation très difficile) dans le sens des départs en vacances.

En Espagne, le Premier ministre Pedro Sanchez a déclaré samedi matin que la priorité est de «sauver des vies», en soulignant que le pays est confronté à une situation «complexe».

65.000 personnes au total ont été évacuées ou doivent se confiner dans la région de Madrid, a annoncé le ministère de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, après avoir ordonné le départ de 5.000 vacanciers du camping d'El Escorial, au nord-ouest de la capitale espagnole, où l'odeur de brûlé parvenait samedi jusqu'aux rues du centre-ville.

Il a précisé que samedi matin plus de 35.000 personnes avaient désormais été évacuées et près de 30.000 confinées chez elles.

Les incendies qui font rage à l’ouest de Madrid ont ravagé jusqu’à 25.000 hectares, a annoncé samedi le ministère espagnol de l’Intérieur.

Le gouvernement régional de Madrid a indiqué de son côté sur X que plus de 2.000 personnes étaient prises en charge dans 14 centres d'urgence.

Selon les autorités régionales, il s'agit du «pire incendie de l'histoire» dans la région.

Plus de 1.200 personnes âgées et personnes handicapées ont été évacuées vendredi d'établissements de soins et maisons de retraite dans la région de Madrid, a de son côté précisé le gouvernement local.

Le préfet régional, Francisco Martín Aguirre, a averti que la journée de samedi serait «difficile», car «le vent devrait se lever dans la matinée, avec des rafales assez erratiques».

Cependant vendredi soir «la température a chuté» et «l'humidité relative a augmenté», a-t-il ajouté: «il y a désormais une réelle opportunité de s'attaquer à cet incendie avec de bonnes chances de succès».

Deux feux de forêt distincts se sont rejoints vendredi pour ne plus former qu'un immense brasier, qui était sur le point de fusionner avec un autre encore dans la région voisine de Castille-et-León.

En France comme en Espagne, ces incendies sont la conséquence de forêts et végétations rendues plus inflammables par la sécheresse et les vagues de chaleur exceptionnelles qui se sont succédé depuis juin en Europe de l'Ouest.

Aucun décès n'a été rapporté pour le moment, en France comme en Espagne.

«Il te dévore»

Comme plusieurs habitants évacués du village d'Aldea del Fresno, Ecologio Cabrera, retraité de 86 ans, reste sous le choc face aux flammes qui sévissent dans l'ouest de la région de Madrid: «Si tu ne fuis pas devant lui (le feu) et que tu essaies de lui faire face, il te dévore.»

Ce feu de forêt brûle depuis le 16 juillet dans cette zone aride et densément peuplée de Castille-La-Manche.

Quelques heures après la France, l'Espagne a annoncé avoir activé le «Mécanisme européen de protection civile» et demandé «quatre moyens aériens de lutte contre les incendies», indiquant que la Grèce avait «accepté la demande, offrant deux avions Canadair».

L'Union européenne a déployé quatre avions en Espagne et trois en France, a indiqué la Commission européenne.

Au total, près de 130.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1ᵉʳ janvier en Espagne, selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS). En 2025, plus de 393.000 hectares avaient été dévorés par les flammes dans le pays, selon l'EFFIS, ce qui représente le pire bilan de son histoire récente.

Par Lucas CROSET / AFP

 

 

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