Les principales compagnies aériennes iraniennes ont été contraintes mercredi d'annuler des vols internationaux, au premier jour de l'entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines dont l'impact reste difficile à mesurer.

Tous les avions ne sont cependant pas cloués au sol. Un appareil de Mahan Air, l'une des deux principales compagnies à desservir l'international, s'est posé vers 08H40 GMT en Chine.

La veille, Pékin avait balayé les menaces des États-Unis de sanctions contre quiconque garderait des liens avec le secteur aérien iranien, rejetant des mesures «unilatérales illégales».

Des pays limitrophes de l'Iran ont quant à eux appliqué les sanctions américaines, s'attirant les menaces de leur voisin.

«Si un pays entre en collaboration ou s'engage dans des aventures avec les États-Unis, ses aéroports ne pourront plus assurer de vols», a averti le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, dans un entretien à la télévision d'État.

«Je demande à tous nos chers pays voisins de ne pas s'engager dans cette aventure. Elle est vouée à l'échec», a martelé le haut responsable.

Les États-Unis veulent, avec ces nouvelles sanctions, inédites, accentuer encore la pression économique sur Téhéran. Début septembre, Washington avait placé tout le secteur aérien iranien sur liste noire dans le but de paralyser ses compagnies aériennes «partout dans le monde».

Les sanctions ont déjà montré certains effets. Mardi, Mahan Air a annoncé la suspension de tous ses vols vers la Turquie voisine à la demande des autorités turques.

Situation «instable»

Et mercredi, une importante agence de voyages de Téhéran indiquait à l'AFP que les vols vers Bagdad (Irak), Mascate (Oman), le Qatar, la Géorgie et l'Azerbaïdjan étaient suspendus.

«La situation est instable et nous ne vendons plus de billets pour le moment par crainte d'annulations», a résumé pour l'AFP et sous couvert d'anonymat un agent de voyages.

L'Iran compte au total 27 compagnies aériennes mais la plupart ne font que des liaisons intérieures. Les deux principales, la compagnie nationale Iran Air et Mahan Air (privé), effectuent en temps normal la plupart des liaisons vers l'étranger, essentiellement des pays limitrophes mais aussi la Russie et la Chine.

Avant l'entrée en vigueur des sanctions, Iran Air avait assuré dans un communiqué n'avoir reçu aucune instruction officielle de la part de la Turquie, de l'Azerbaïdjan ou de l'Irak lui interdisant de desservir ces pays limitrophes de l'Iran.

La compagnie avait notamment un vol prévu vers Istanbul depuis l'aéroport international de Téhéran mercredi, selon le site internet de l'aéroport.

Selon un recensement effectué par l'agence Isna, des vols de différentes compagnies aériennes étaient programmés mercredi à destination de la Turquie (excepté Mahan Air), la Chine, Najaf et Souleimaniye en Irak, à Dubaï (Emirats arabes unis), Erevan (Arménie), Kaboul (Afghanistan), au Pakistan, en Inde et en Asie du sud-est, notamment au Vietnam et en Thaïlande.

En Irak, où les autorités n'ont pas encore donné de position officielle, l'aéroport de Bagdad est fermé aux avions iraniens, mais pas celui de Najaf, ville sainte appréciée des pèlerins d'Iran, a indiqué l'agence iranienne Tasnim.

Le secteur aérien iranien est déjà visé depuis des années par diverses sanctions.

Les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, avaient déjà entraîné la fermeture totale de l'espace aérien iranien.

Le trafic a depuis partiellement repris mais seules des compagnies iraniennes peuvent quitter l'Iran.

AFP