Liban: l'armée condamne les attaques israéliennes empêchant son déploiement dans le sud
Des soldats de l’armée libanaise sont assis dans un humvee lors d’une patrouille dans le village de Zawtar al-Gharbiyeh, dans le sud du Liban, le 26 juillet 2026. ©MAHMOUD ZAYYAT / AFP

L'armée libanaise a condamné dimanche la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington pour mettre fin à la guerre.

«Les forces israélienne continuent leurs attaques et violations de l'accord et des lois internationales en détruisant et en rasant au bulldozer les habitations de façon systématique, en bombardant et en ratissant à l'arme automatique plusieurs zones du sud du pays», a dit l'armée dans un communiqué.

L'armée libanaise a commencé à se déployer en début de semaine dans la localité de Zaoutar al-Gharbiyé, mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir «ouvert le feu à proximité de ses positions» dans cette zone, ainsi qu'à «Kfar Tebnit et Nabatiyé al-Faouqa», ce qui «l'empêche d'effectuer ses missions».

Israël a évoqué de son côté «des coups de semonce en l'air» après l'entrée de soldats libanais dans un secteur qui «ne faisait pas partie de la zone pilote».

Dimanche, un correspondant de l'AFP a été le témoin d'importants dégâts dans le village de Zaoutar al-Gharbiyé, où patrouillaient des soldats libanais, pendant que des habitants inspectaient leurs maisons.

«Lorsque je suis entrée chez moi, j'ai ressenti de la tristesse. Les destructions me font mal», a confié Ihsan Yaghi, une habitante du village qui a retrouvé des murs noircis par le feu et des pièces jonchées de débris et de gravats.

«Nous sommes solidaires de l'armée» libanaise, ajoute-t-elle, promettant de «reconstruire». «Nous voulons nous sentir en sécurité, il est temps que l'État s'occupe de nous, nous sommes fatigués».

Dans son communiqué, l'armée souligne que ses soldats «continuent d'accompagner le retour des habitants» du village.

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël, qui occupe toujours une partie du sud du pays, sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements massifs et une offensive terrestre, qui ont fait plus de 4.300 morts et plus d'un million de déplacés selon les autorités libanaises.

Reçu mardi à la Maison Blanche par son homologue américain Donald Trump, le président libanais Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un «retrait total» israélien pour avancer dans la mise en œuvre de l'accord-cadre conclu le mois dernier.

AFP

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